Quatre lettres pour une petite révolution. Depuis ce lundi 30 juin, la Métropole d’Aix-Marseille-Provence est dotée d’un SCoT unique. Enfin ! L’aboutissement de plus de huit années de consultations, de réunions et de compromis entre communes, intercommunalités et autres services de l’État, entamés en 2017 sous la présidence de Jean-Claude Gaudin et terminée par un vote unanime de l’assemblée désormais présidée par Martine Vassal, qui dote le territoire de son tout premier Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT).
Il n’y a pas eu de débat, du reste. Parce que tout était ficelé depuis l’adoption de ce document le 27 juin 2024 puis le feu vert de la commission chargée de faire le bilan de l’enquête publique qui s’est déroulée du 5 novembre au 11 décembre dernier. Et parce que, de toute façon, Martine Vassal avait décidé de couper les micros à ses oppositions, de la gauche au RN, pour le moins agacée d’avoir dû revenir lundi matin boucler un Conseil métropolitain entamée jeudi 26 juin et ajourné après trois petites heures de débats, faute de quorum et d’élus en nombre suffisant.
Un SCoT unique au lieu des cinq existants, pour plus de cohérence et d’efficacité
Mais le moment, malgré ces péripéties assez indignes, n’en reste pas moins solennel. Car derrière ces quatre lettres, plus qu’un nouvel acronyme très technique, c’est bien « la clé de voûte de toute l’action de la Métropole » que dessine ce document stratégique, comme l’expliquait Laurent Simon, vice-président à la Transition énergétique, en novembre dernier.
Concrètement, ce SCoT unique remplace désormais les cinq schémas portés jusqu’ici par les anciennes agglomérations de Marseille, Aix, Salon, Aubagne, ainsi que celles de Martigues et Istres réunies, afin d’articuler, à une échelle plus large et efficace, toutes les politiques publiques métropolitaines sur les 92 communes qui la constituent.
Trois changements sur les bancs de l’hémicycle
Le conseil de la Métropole a vu l’arrivée de trois nouveaux conseillers dans l’hémicycle. À la suite des décès, ces derniers mois, de Georges Rosso, Olivier Frégeac et Roger Meï, pour lesquels une minute de silence a été observée, Betty Carvou (Peyrolles-en-Provence), Paul Sabatino (Le Rove) et Ali Yatsou (Marseille) ont rejoint les bancs de l’assemblée.
À l’occasion de ce conseil, André Molino (maire de Septèmes-les-Vallons) et Pascal Chauvin (maire de Trets) ont aussi été élus respectivement 4e vice-président et 7e conseiller délégué en remplacement de Georges Rosso et d’Olivier Frégeac.
Un texte structurant qui « définit l’avenir des habitants du territoire jusqu’en 2040 », anticipe Pascal Montecot, le vice-président métropolitain chargé de l’aménagement et de la planification. Il fixe de manière transversale le cadre métropolitain pour tous les enjeux d’aménagement du territoire à l’horizon 2040 : développement économique, protection de l’environnement, évolution urbaine, valorisation agricole, préservation des paysages ou encore renforcement des infrastructures de transport. » Avec un maître-mot : la cohérence et l’anticipation des évolutions à venir.

Parmi les priorités du Scot, qui s’articule, entre autres, avec le Programme local de l’habitat (PLH), le Plan de mobilité métropolitain (PDM), le Plan climat-air-énergie (PCAEM), ou encore l’agenda économique et le Schéma directeur d’urbanisme commercial (Sduc) : répondre aux besoins croissants en logements mais sans céder à l’artificialisation des sols.
Le SCoT, ou l’art de concilier construction de logements et Zéro artificialisation de sols
Ambitieux, ce schéma qui englobe tous les autres prévoit ainsi la création de 13 000 à 14 000 nouveaux logements par an, concentré dans les villes, et de 130 000 emplois supplémentaires en quinze ans. Tout en intégrant le ralentissement de la consommation foncière et de l’artificialisation pour parvenir au Zéro artificialisation nette (ZAN) à l’horizon 2050.

Il entend ainsi préserver plus de 230 000 hectares d’espaces agricoles et naturels ou encore limiter à 10% l’extension des grandes zones commerciales et empêcher les implantations de plus de 1 000 m², notamment en périphérie, type la Valentine ou Plan-de-Campagne. Mais pas que : le SCoT fixe aussi un cadre pour repenser les déplacements au sein de la métropole, pour accompagner la stratégie territoriale de décarbonation et de transition écologique, pour préserver l’attrait du littoral tout en accompagnant le développement économique de la zone portuaire. Entre autres.
La dette de la Métropole baisse pour la première fois depuis 2016
Approuvé par le conseil métropolitain, le compte de gestion 2024 a mis en avant, pour la deuxième année consécutive, les efforts de la Métropole pour poursuivre son désendettement. Mieux, il fait apparaître un bénéfice de 70 millions d’euros.
Un résultat qui a permis à Didier Khelfa, le vice-président de la Métropole, délégué au Budget, aux Finances, à la Stratégie financière, et à la Contractualisation avec l’État et les collectivités, de mettre en avant, « pour la première fois dans l’histoire de la Métropole », une diminution de la dette globale, de l’ordre de 84 millions d’euros.
« Ce n’est pas grand-chose à l’échelle des 3 milliards d’euros qu’il reste à rembourser mais c’est énorme pour nous. Nous avons réussi à inverser la tendance et sommes désormais en phase avec les objectifs définis par le pacte financier », s’est réjoui l’élu, en partance de la Métropole pour rejoindre Martine Vassal au Conseil départemental, où un poste de directeur général adjoint l’attend. Il est remplacé par Magali Ramos (Saint-Chamas).
Création d’une conférence métropolitaine du ZAN inédite
« Nous avons posé toutes les briques nécessaires à la construction harmonisée de notre métropole, s’est félicité Pascal Montecot, qui a souligné, au passage, le succès de l’enquête publique, avec 600 contributions, un chiffre « énorme », il est vrai, pour un document de ce type. Ce SCoT conjugue des grandes ambition de développement tout en apportant une réelle plus-value en matière de maîtrise de consommation d’espace. La création d’une conférence métropolitaine du ZAN change nos pratiques et va obligatoirement renforcer les liens entre les communes. Elle se veut une instance de débats et de prise de décisions pour mutualiser ces hectares. Ce principe de mutualisation est pionnier en France. »
Au plus grand plaisir de Martine Vassal qui avait fait de l’adoption de ce SCoT une priorité avant la fin du mandat : « La Métropole est sur de bons rails, elle avance dans tous les domaines », a-t-elle loué. Le micro bien ouvert, pour le coup.
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