À la veille du 14-Juillet et de son grand défilé le président de la République a reçu comme il est de tradition les plus hautes autorités militaires pour un discours martial, qui annonce notamment une révision de la Revue nationale stratégique, ce document de référence (voir le document source), boussole incontestable des armées comme des industriels de l’armement.
Notre liberté menacée
Le Président a rappelé comme il le fait maintenant depuis plusieurs mois les menaces protéiformes qui pèsent sur notre pays sur sa démocratie et sur l’Europe. « Notre liberté a-t-il déclaré, n’avait jamais été si menacée. Liberté des peuples attaqués par les impérialismes et les puissances d’annexion, liberté bafouée quand les règles de la guerre sont effacées, quand chacun s’exonère du droit international, quand l’espérance de la paix est anéantie en Europe, au Proche et Moyen-Orient, comme en Afrique. Et quand il n’y a plus de règles, c’est la loi du plus fort qui l’emporte ». Liberté économique encore : « liberté de notre modèle économique aussi, quand les entreprises s’imaginent devenir des États, les États devenir des empires, et quand les terres sont à confisquer, les ressources à accaparer ou le commerce mondial à capturer ».
Le discours d’Emmanuel Macron aux Armées en vidéo
Par rapport à l’an dernier, la politique de désengagement européen voire d’hostilité de Donald Trump change la donne. La guerre souligne le Président est sur notre continent et souligne-t-il « notre Europe se trouve placée à la lisière d’un vaste arc de crise qui part du golfe de Guinée, traverse le Sahel jusqu’au Proche-Orient et en Iran. Soyons clairs, nous, Européens, devons désormais assurer notre sécurité nous-mêmes. »
Face à « l’aggravation des menaces » internationales, Emmanuel Macron, annonce un doublement du budget de la défense d’ici 2027 et a appelé à « bâtir un pilier européen de l’Otan. »
« Nous consacrerons 64 milliards d’euros pour notre défense en 2027 (au lieu de 2030 comme envisagé auparavant, ndlr). C’est le double du budget dont les armées disposaient en 2017. Cet effort nouveau, historique et proportionné est crédible. Il est indispensable. Il est juste ce qu’il nous faut. » Par ailleurs, « une actualisation de la loi de programmation militaire » pour 2024-2030 « sera présentée à l’automne », précise le président de la République.
Et il sonne le clairon avec cette assertion reprise dans tous les médias : « Au fond, soyons simples : pour être libre dans ce monde, il faut être craint. Pour être craint, il faut être puissant. »

Des zones de fragilité
Si le président de la République a rendu hommage au système français de défense et a ceux qui les servent, il est clair que son propos vise à secouer des armées qui ont l’habitude de fonctionner sur des programmations pluriannuelles et sur des commandes d’Etat. « Il nous faut durcir le modèle » assène-t-il devant les états-majors. Et il énonce ce qui doit progresser et qui constitue plus qu’un chantier : « Combler nos zones de fragilité et, au premier titre, nos stocks de munitions, dont les munitions téléopérées, renforcer nos armes de saturation et nos armes de précision, nous doter de drones pour nos groupes de combat, nos frégates et nos bases aériennes encore davantage, et des équipements nécessaires au quotidien pour que les opérations soient menées, renforcer notre défense aérienne et nos moyens de guerre électronique, augmenter nos capacités spatiales, pousser au maximum les curseurs de l’entraînement des soldats, des marins, des aviateurs, développer encore davantage la réserve… »

« Nos industriels ont des atouts. Nous avons des capacités qui sont au point d’excellence internationale » confirme-t-il, mais c’est le modèle même qui est, en filigrane à remettre en question : celui d’une armée qui par sa seule existence dissuade et d’entreprises, qui avec un seul client, l’Etat, planifient et produisent à un rythme dépassé.
Le président de la République invite explicitement les majors à faire de la place à leurs sous-traitants, à leur donner de la visibilité. Et il demande au secteur financier, un peu timoré sur ce secteur, de financer et de soutenir les industries de défense.
Le discours d’Emmanuel Macron le 13 juillet 2025
La revue nationale stratégique 2025
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