Un énorme chantier, à la taille du camp de Canjuers et des enjeux de décarbonation, démarre. La première phase des travaux d’amélioration de la performance énergétique du camp militaire de 35 000 hectares, situé dans le Var au nord de Draguignan, plus grand camp militaire d’Europe, débute en effet jeudi 9 octobre 2025, a annoncé le 7 octobre le ministère des Armées dans un communiqué détaillé.
« Ces travaux d’ampleur permettront à terme de réduire la consommation d’énergie du camp de 43 % et ses émissions de gaz à effet de serre de 90 %. Les travaux démarreront officiellement par la construction de la chaufferie principale. Il s’agira d’une chaufferie biomasse alimentée par du bois énergie issu des parcelles forestières du camp. Ce bois sera fourni par les services de l’Office national des forêts, partenaire du ministère », précise le ministère des Armées dans son communiqué, qui précise les opérations de cet énorme chantier sur le camp de Canjuers.
Parallèlement à cette première étape sur la chaufferie, « un champ solaire de 3 250 m² sera installé pour couvrir 100 % des besoins en eau chaude sanitaire durant l’été. L’énergie ainsi stockée optimisera le fonctionnement du réseau de chaleur du camp, qui fera d’ailleurs l’objet d’une modernisation complète. Conformément aux objectifs de l’État, l’ensemble des chaudières au fuel seront démantelées au profit d’énergies renouvelables. »
Chiffres clés des objectifs de décarbonation
. 43 % de baisse sur la consommation énergétique et 90 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici la fin des travaux pour les usages de chauffage, ventilation, climatisation et eau chaude sanitaire ;
. 7 400 tonnes de CO2 évitées par an, l’équivalent de 3 700 véhicules retirés de la circulation ;
. 51 % d’énergies renouvelables utilisés sur le camp ;
. 228 000 m² de surface bâtie, dont près de 153 000 m² chauffés, au milieu de 35 000 hectares de camp d’entraînement ;
. installation de 3 250 m² de panneaux photovoltaïques et 17 pompes à chaleurs.
Le camp de Canjuers sera raccordé au réseau de chaleur via deux extensions de 1,5 km
Le camp sera raccordé au réseau de chaleur via deux extensions de 1,5 km chacune ou par le biais de l’installation de pompes à chaleur. Enfin, les bâtiments énergivores bénéficieront d’une isolation partielle, réduisant les consommations d’énergie et améliorant le confort des occupants assure le ministère. « Un système de pilotage cyber-résilient permettra de piloter en temps réel les installations techniques et d’optimiser la performance énergétique du site. »
Grâce au contrat de performance énergétique signé avec Dalkia le 13 mai 2024, la consommation énergétique du camp devrait diminuer de plus de 40 %. Les travaux, prévus jusqu’en 2027, permettront une économie d’environ deux millions d’euros sur la facture énergétique. Le projet, conduit par le Centre référent performance énergétique du Service d’infrastructure de la défense (SID), avec l’appui de son unité de soutien située à Draguignan, s’inscrit dans la stratégie énergétique de défense. Celle-ci vise à consommer moins et mieux, mais aussi à assurer la résilience des sites tout en garantissant un certain confort aux usagers.
À propos du Service d’infrastructure de la défense (SID)
Fort de son vaste patrimoine immobilier (27 % du domaine de l’État), le ministère des Armées et des Anciens Combattants s’appuie sur une expertise reconnue en matière d’infrastructures et d’énergie grâce au SID. Ce service interarmées, présent sur le territoire national, à l’étranger et en opérations extérieures, assure la construction, la maintenance et la gestion de l’ensemble des infrastructures du système de défense. Il joue également un rôle clé dans la transition énergétique. Depuis 2010, le SID s’est engagé dans une politique environnementale ambitieuse, mettant en œuvre de nombreuses actions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et la consommation d’énergies fossiles.
Organisé en service déconcentré, le SID est piloté par une direction centrale qui supervise 7 établissements de zones en métropole et 9 directions en Outre-mer. En particulier, le SID Sud-Est compte 11 Unités de soutien de l’infrastructure de défense (USID) qui assurent, au plus près des régiments, la maintenance des infrastructures militaires.
Objectif : « l’éradication du fuel d’ici 2031 »
L’ingénieur général de 2e classe Frédéric Guivarc’h, directeur du SID Sud-Est, souligne que « ce projet d’envergure s’inscrit pleinement dans la démarche vertueuse de décarbonation dans laquelle s’est engagé de façon volontariste le ministère des Armées, avec notamment la signature en juin dernier de la stratégie ministérielle de transition énergétique 2025-2030, qui prévoit en particulier l’éradication du fuel d’ici 2031 ».

En savoir plus sur le camp de Canjuers :
Plus grand camp d’Europe occidentale, complexe militaire essentiel pour la préparation opérationnelle des forces, Canjuers étend ses 35 000 hectares sur les hauts plateaux du nord varois.
Centre d’entraînement spécialisé subordonné au Commandement de l’Entraînement et des Ecoles du Combat InterArmes (COME2CIA) il constitue le pôle Provence, c’est-à-dire un espace d’entraînement privilégié pour les régiments et les organismes de formation de l’armée de Terre.
Le 1er régiment de chasseurs d’Afrique assure la gestion et le commandement de cet exceptionnel espace d’entraînement et de préparation des forces terrestres et les missions de formation, de contrôle et de préparation opérationnelle des forces, le 3e régiment d’artillerie de marine, une antenne du groupement de soutien de la base de défense de Draguignan, gérant l’ensemble des éléments du soutien : habillement, hébergement, alimentation, tant des permanents que du personnel de passage, ainsi que la gestion de la surveillance et de la sécurité du camp,
Une antenne du 4e régiment du matériel est chargé des missions de dépannage, d’entretien et de réparation du matériel sur Canjuers. Elles permettent une rapidité d’action concourant à l’excellence de la préparation des forces. La 52e compagnie d’aide au déploiement lourd du 19e régiment du génie assume les missions d’entretien des pistes et champs de tirs, la création et l’entretien d’éléments d’infrastructure, appuyé par une section de pionniers de la légion étrangère. Le groupement de munitions de Canjuers, dépendant de l’Etablissement Principal Méditerranée basé à Toulon, a pour mission d’approvisionner et de gérer les stocks de l’ensemble des munitions nécessaires à la formation et à l’entraînement des troupes sur Canjuers.
Plusieurs dizaines de milliers de militaires, français et étrangers, se succèdent tout au long de l’année à Canjuers pour parfaire leur formation de combattant, acquérir la maîtrise de leurs matériels ou de leurs systèmes d’armes et ainsi se préparer à l’exécution de leurs missions sur le territoire national ou à l’extérieur. Les terrains, les installations et les moyens dont ils disposent leur permettent de le faire dans d’excellentes conditions. Depuis 2010, le camp militaire de Canjuers est sous le commandement du chef de corps du 1er régiment de chasseurs d’Afrique. (Source : Ministère des Armées)

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