Alors que Marseille s’est une nouvelle fois tristement distinguée en terminant cette année encore dans le bas du classement du baromètre national Vélo 2025 de la Fub, le collectif Vélos en Ville, après avoir pris le temps de commenter ces résultats, en a aussi profité pour livrer son propre observatoire sur le plan vélo initié en 2019 par la Métropole.
Objectif affiché : rendre les données publiques sur un dossier trop souvent minimisé par les institutions. « Le but, c’est de rendre les choses visibles et transparentes, explique Christophe Monnier, président de l’association. Trop d’élus nous ont dit que la situation n’était pas si catastrophique et qu’on n’y connaissait rien. »
Seuls 20 km de nouvelles voies en cinq ans
Lancé il y a cinq ans, le plan vélo devait offrir un réseau structuré à l’échelle métropolitaine. Doté de 35 millions d’euros, dont 30 M€ uniquement concentrés sur Marseille, il devait permettre la création de huit lignes structurantes totalisant 120 kilomètres. A ce jour, selon les chiffres collectés par le collectif, seuls 20 kilomètres ont effectivement vu le jour depuis 2019, s’ajoutant aux 27 km qui existaient déjà. Soit un total de 47 km de structures cyclables, moins de 40% de l’objectif.
« Même pas un tiers des aménagements ont été réalisés lors de la fin de la phase 1 », déplore Cyril Pimentel, directeur de Vélos en Ville, alors que de nombreuses sections sont encore en travaux et d’autres n’ont jamais été lancées. Résultat : la première étape, prévue en 2024, a été repoussée à 2026.
Pistes inachevées, discontinues, peu sécurisées…
À cela s’ajoutent des pistes inachevées, discontinues ou jugées peu sécurisées selon le collectif. Sur ces 47 km, « seulement 48 % (22,5 km) des infrastructures livrées sont conformes aux engagements du plan vélo », constate le collectif. Certaines disparaissent brutalement, d’autres se terminent sur un trottoir ou au milieu d’un carrefour sans continuité. Parmi les exemples relevés par Vélos en Ville : l’aménagement du Prado, interrompu sur plusieurs tronçons, ou encore la voie cyclable de la rue de Rome, jugée dangereuse par sa proximité immédiate avec le trafic automobile.

Le cas de la place Castellane revient systématiquement dans les discussions. Nœud central de circulation, le hub reste « un point noir pour les cyclistes. ». Et c’est précisément sur ce dossier que la Métropole vient d’ouvrir la porte, en acceptant le principe d’une médiation afin d’engager une refonte de l’aménagement pour « réussir à faire un vrai aménagement sur la place Castellane », espère Christophe Monnier.
Une bonne nouvelle pour l’association qui devrait être associée avec la Métropole dans la phase 2 du plan vélo.
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