C’est une affaire tentaculaire, aux ramifications à la fois agricoles, commerciales et sanitaires, qui sera examinée du 12 au 14 janvier 2026 par le tribunal judiciaire de Marseille : un trafic de pesticides interdits ayant alimenté, pendant plus de six ans, des exploitations agricoles françaises, situées en majorité dans les Bouches-du-Rhône et la Drôme. Près de 3,5 tonnes de produits phytopharmaceutiques prohibés auraient ainsi été importées depuis l’Espagne entre 2018 et 2024, puis utilisées sur des cultures maraîchères et fruitières destinées, pour partie, à la grande distribution.
Selon les éléments de l’enquête, les produits saisis ne bénéficiaient d’aucune autorisation de mise sur le marché. Certains étaient même falsifiés, composés de substances inconnues, échappant ainsi à tout contrôle sanitaire. Sept prévenus et six entreprises sont attendus à la barre pour répondre de ces échanges, durables et organisés. Les enseignes de la grande distribution, clientes de ces exploitations, affirment, elles, avoir été trompées.
FNE : « Protéger plus fermement les populations et l’environnement »
« Au regard de l’ampleur de cette affaire », plusieurs associations environnementales ont décidé de se constituer parties civiles, à commencer par France Nature Environnement (FNE), à travers ses antennes Auvergne-Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Bouches-du-Rhône, soutenue par Générations Futures et la Confédération paysanne. Une mobilisation à la mesure, selon elles, de la gravité des faits. « Défendre les écosystèmes, prévenir les atteintes à l’environnement et lutter contre l’utilisation illégale de pesticides font partie de nos missions », rappelle le réseau associatif dans un communiqué.
La durée exceptionnelle du procès, prévu sur trois journées consécutives, témoigne de la complexité et des enjeux du dossier, soulignent les associations. L’audience, publique, doit permettre, espèrent-elles, de mettre en lumière les défaillances des contrôles et les responsabilités tout au long de la chaîne agroalimentaire. « Cette affaire rappelle, selon elles, la nécessité de protéger plus fermement les populations et l’environnement contre les dangers des produits phytosanitaires. »
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