La Ville de Marseille va procéder, à partir du lundi 17 août, à l’abattage de 37 arbres du parc de Bonneveine, dans le 8e arrondissement. La décision annoncée vendredi 14 août fait suite à une expertise de l’Office national des forêts (ONF), qui a identifié ces arbres comme présentant un niveau de risque élevé de chute, notamment en raison de leur fragilité structurelle et de conditions de plantation ayant limité leur enracinement.
La Ville justifie cette intervention par un impératif de sécurité, dans un parc non clos et fréquenté par le public. Elle assure également avoir pris en compte les enjeux de biodiversité : deux prospections menées par la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) ont permis d’identifier des espèces nicheuses et l’intervention a été programmée après la fin de la période de nidification.
Des critiques sur la cohérence du projet
Cette décision est toutefois vivement contestée par des associations et des défenseurs des arbres. Dans une tribune publiée par Gomet’, Jérôme Nardi et Alain Senentz, du groupement France Nature Environnement 13 et Riverains du parc de Bonneveine, Thomas Brail, du Groupe national de Sauvegarde des Arbres, et Olivier Rovelotti, de Natural Solutions, dénoncent une contradiction entre les ambitions affichées par Marseille en matière d’adaptation climatique et la suppression d’arbres matures.
Les signataires estiment que les arbres anciens du parc constituent eux-mêmes un patrimoine climatique, en contribuant à lutter contre les îlots de chaleur. Ils reprochent à la Ville de présenter le chantier comme un projet de « renaturation » tout en faisant disparaître des arbres âgés de plusieurs décennies. Selon eux, la priorité devrait être donnée à la préservation des arbres existants et à la recherche de solutions alternatives à l’abattage.
La tribune demande notamment que les expertises soient rendues publiques et que toutes les possibilités de conservation des arbres soient étudiées avant toute intervention. Les auteurs indiquent par ailleurs qu’une pétition portée par les riverains avait recueilli environ 1 600 signatures au moment de la publication de leur texte.

Ville de Marseille : 210 nouveaux arbres annoncés parc de Bonneveine
La Ville maintient de son côté que les abattages sont rendus nécessaires par les conclusions de l’expertise de l’ONF et par la nécessité de garantir la sécurité des usagers et des riverains.
L’intervention doit permettre la reprise du projet de transformation du parc, qui prévoit une augmentation globale de la végétalisation. 210 nouveaux arbres, de 3 à 4 mètres de hauteur, doivent être plantés à la place des arbres fragiles et sur d’autres secteurs du parc.
Plusieurs essences adaptées au climat méditerranéen sont annoncées, parmi lesquelles le copalme d’Orient, le charme houblon, le margousier, le chêne soyeux d’Amérique, le chicot du Canada, l’érable de Montpellier et le savonnier. La Ville met en avant des techniques favorisant un enracinement profond afin de constituer à terme un patrimoine arboré « plus diversifié, plus résilient et mieux adapté » aux évolutions climatiques.
Le débat oppose ainsi deux impératifs : la sécurité immédiate liée à des arbres identifiés comme dangereux et la préservation d’un patrimoine arboré mature présenté par les associations comme un élément essentiel de l’adaptation de Marseille au changement climatique.
Lien utile :
Tribune : Parc de Bonneveine, Marseille ne peut plus sacrifier ses arbres au nom de la “renaturation”
La localisation du parc de Bonneveine : derrière le Mac, en face du centre commercial (Carrefour)














