Le groupe Suez a annoncé vendredi 4 septembre le retrait de son projet « Istres Recyclage Énergie » (Iren), destiné à la préparation et au traitement de combustibles solides de récupération sur son site de traitement des déchets à Istres.
Dans un communiqué, l’entreprise indique avoir pris cette décision à l’issue de plusieurs mois d’échanges avec les élus locaux, les services de l’État, les acteurs économiques, les associations et les riverains. Le dossier, actuellement en cours d’instruction, sera retiré. La décision a immédiatement été saluée par la Ville d’Istres et son maire Robin Prétot qui a salué « une victoire collective. »
Suez, qui comptait investir quelque 250 millions dans le projet, explique avoir formulé plusieurs propositions d’aménagement et pris des engagements complémentaires au cours de l’enquête publique afin de répondre aux préoccupations exprimées localement, notamment en matière d’environnement, de gouvernance, de trafic, de transparence et de retombées économiques.
Suez : « les conditions ne sont pas réunies »
Après examen des différentes positions exprimées et à la suite de la remise du rapport du commissaire enquêteur, le groupe estime que « les conditions ne sont pas réunies » pour permettre l’implantation du projet à Istres.
« La réussite durable d’un projet de territoire nécessite que l’ensemble des parties prenantes concernées partage la conviction de sa bonne localisation et de son bien-fondé », affirme Suez, qui dit avoir toujours privilégié la concertation et la recherche de solutions avec les acteurs locaux.

Le projet Iren avait suscité une forte opposition de plusieurs élus et collectifs locaux. Le maire d’Istres, Robin Prétot (LR) vainqueur lors des dernières élections municipales de mars face au sortant historique François Bernardini, avait lui-même pris la tête de l’opposition à un projet construit sous le mandat de son prédécesseur.
Suez veut poursuivre le dialogue avec les collectivités et les acteurs concernés
Malgré ce retrait, Suez affirme rester mobilisé sur les enjeux de gestion des déchets du bassin provençal. Le groupe rappelle que la métropole de Marseille devra faire face dans les prochaines années à des besoins importants en matière de traitement et de valorisation des déchets.
L’origine du projet Iren « est directement liée aux lois sur la transition énergétique et l’économie circulaire. L’objectif fixé par les pouvoirs publics est clair : réduire progressivement l’enfouissement des déchets et développer leur valorisation (échéance à 2030, ndlr). Les déchets qui ne peuvent pas être recyclés doivent devenir une ressource » déclarait le directeur régional de Suez Recyclage et Valorisation, Guillaume Le Goff, dans un entretien accordé à Gomet’ en juin dernier.
Et d’avertir : « Si nous ne développons pas de nouvelles capacités de valorisation, il faudra transporter ces déchets vers d’autres régions ou vers l’étranger. Cela aura un coût économique et environnemental considérable. Nous investissons 250 millions d’euros, sans aucune subvention publique. Le projet permettra de maintenir une trentaine d’emplois sur le site, d’en créer une trentaine supplémentaire et de générer plus d’une centaine d’emplois indirects. » Des arguments qui n’ont donc pas suffi.
Mais l’entreprise indique vouloir poursuivre le dialogue avec les collectivités et les acteurs concernés afin d’identifier des solutions répondant à la fois aux besoins locaux et aux objectifs environnementaux du territoire.
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