Dans notre article publié le 2 juin, Gomet’ a fait état des réserves exprimées par France Nature Environnement concernant la vaste enquête publique organisée autour de la centrale biomasse de Gardanne de GazelEnergie. L’industriel apporte des précisions aux objections exprimées par FNE, point par point.
Extrait de notre article : « Mais les critiques portent sur le coût du contrat pour le contribuable français, entre 167 euros selon les estimations de FNE et 250 euros selon celles d’une enquête du journal Le Monde. « Pour comparaison, le contrat passé par l’Etat dans le cadre du 6ème appel d’offrepour le développement de l’éolien en mer garantit un tarif à 85 euros du MWh ! » observe FNE. »
Les précisions de GazelEnergie : « La centrale de Provence a été lauréate de l’appel d’offre CRE 4 de 2011, qui lui a permis d’être convertie du charbon à la biomasse, contribuant ainsi aux objectifs nationaux de décarbonation de la production d’énergie à partir de sources renouvelables.
Par la suite, la crise inflationniste de l’énergie et des matières premières a rendu le fonctionnement de la centrale de Provence déficitaire. En effet, la société GazelEnergie a enregistré sur le site de Provence plus de 40 millions d’euros de pertes en 2024 et 30 millions en 2023. Par conséquent, une renégociation du contrat a eu lieu pour pérenniser l’installation. Le prix d’achat a été revu sur la base des coûts de production post crise énergétique. Le coût global du contrat pour l’Etat a été réduit par deux par rapport au contrat d’origine à travers la réduction par deux des volumes de production de la centrale.
Ce prix d’achat correspond à un tarif bonifié et non d’une subvention à l’investissement, comme pour toute production d’énergie renouvelable bénéficiant d’un cadre réglementaire spécifique qui vise à encourager la transition énergétique et l’exploitation des forêts dans de bonnes conditions de gestion et de renouvellement. Ce soutien est indispensable pour garantir la viabilité de projets à long terme, souvent plus coûteux à mettre en place que les énergies fossiles.
L’ensemble du dispositif a été voté dans le cadre de la loi de Finances pour 2024. Tous les deux ans la Commission de régulation de l’énergie, qui est l’autorité administrative indépendante en charge du fonctionnement des marchés de l’électricité et du gaz en France, audite le coût de fonctionnement de la centrale de Provence afin de s’assurer que le contrat passé avec l’Etat respecte les clauses en vigueur. »
Extrait de notre article : « FNE pointe également du doigt le faible rendement énergétique de la centrale estimé à 23% « là où d’autres centrales de ce type peuvent atteindre 80 à 90% de rendement énergétique. Cela signifie que 3 à 4 arbres sur 5 ne serviront qu’à chauffer l’atmosphère. » GazelEnergie annonce atteindre un rendement de 34% avec le projet. »
Les précisions de GazelEnergie : « Le rendement électrogène de la centrale de Provence est suivi en continu par les équipes d’exploitation. Il a été mesuré à 36,8% de rendement brut (% Pouvoir Calorifique Inférieur, dit PCI) dans le fonctionnement réel du 1er janvier au 30 avril 2025. En comparaison, le rendement des installations photovoltaïques est de l’ordre de 10 à 22% (chiffre Ademe) tandis que celui d’une centrale nucléaire se situe autour de 30%
Par le passé, le rendement électrogène de la centrale a connu des fluctuations du fait d’arrêts/redémarrages qui ont détérioré la performance énergétique de l’installation (travaux de remise en état, mouvements sociaux, etc.). La montée en fiabilité des installations et les capacités techniques des équipements permettent de cibler un rendement stabilisé approchant les 40% à terme.
En termes de rendement primaire (dit rendement PCI), la centrale atteint des performances de près de 90%, soit un rendement supérieur aux chaufferies collectives de moindre taille qui produisent uniquement de la chaleur et non de l’électricité. Dans une installation comme la Centrale de Provence, l’électricité est produite à partir de vapeur d’eau (eau chauffée par la combustion de biomasse) qui est ensuite turbinée.
Ces seuils de performance sont largement encadrés par les documents de référence (BREF), décrivant les « Meilleures Techniques Disponibles » pour un secteur d’activité donné. Les conclusions du BREF des grandes installations de combustion pour la production d’électricité prévoient des valeurs cibles comprises entre 28% et 38% pour le rendement énergétique à atteindre par les installations de combustion de biomasse comme la Centrale de Provence. L’arrêté ministériel du 3 août 2018 applicable aux grandes installations de combustion, modifié en janvier 2025, reprend l’exigence de 28% pour les chaudières brûlant de la biomasse (article 41-3). »
Extrait de notre article : « l’association dénonce l’absence de précision des parcelles françaises concernées par le prélèvement forestier… »
Les précisions de GazelEnergie : « Le préfet, par arrêté d’autorisation d’exploitation de la centrale de Provence, a défini un périmètre réglementaire de 17 départements pour l’approvisionnement local de la centrale de Provence. C’est la base juridique que respecte GazelEnergie pour son approvisionnement local.
En effet, GazelEnergie est un utilisateur de bois, au même titre que d’autres utilisateurs, scieurs, papetiers… sur le périmètre de référence. A ce titre, GazelEnergie travaille avec des fournisseurs de type entreprises privées, coopératives, établissement public (ONF), etc. pour déterminer les volumes annuels qui seront récoltés par ses fournisseurs en forêt. Les récoltants, en relation avec les propriétaires, ont une visibilité de la spatialisation géographique des coupes à l’échelle des massifs forestiers, GazelEnergie enregistrant a posteriori l’origine des bois dans un système d’information géographique. Cette traçabilité est réalisée à l’échelle du camion et permet une représentation cartographique des approvisionnements à l’échelle de la commune d’origine. »
·Extrait de notre article : « …ainsi que l’incohérence entre le parc forestier concerné par les coupes d’arbres, regroupant plus de 500 communes selon les estimations, et l’aire géographique concernée par l’enquête publique, soit 324 communes. »
Les précisions de GazelEnergie : « Il n’y a pas d’incohérence. Le périmètre de l’enquête publique, 324 communes, répond à la demande de la Cour Administrative d’Appel de Marseille qui a souhaité que l’enquête publique complémentaire soit réalisée sur un périmètre correspondant aux communes « susceptibles de présenter des incidences environnementales notables, s’agissant des prélèvements en bois ».
Une méthode a été construite en concertation avec les services de l’Etat pour déterminer ces communes. Pour illustration, le cabinet OBBOIS, spécialisé dans la traçabilité et les chaînes de contrôle de certification, a questionné l’ensemble des fournisseurs de GazelEnergie pour cartographier et quantifier une estimation des prélèvements futurs pour l’approvisionnement de la centrale de Provence. L’ensemble des 4 703 communes du périmètre (17 départements) a donc pu être classé par estimation des prélèvements futurs. Cette analyse a permis de définir la notion « d’impact », appréhendé suivant un critère quantitatif.
Ensuite la notion « notable » a été définie en fonction du taux de boisement de la commune, aboutissant à un classement des communes d’où ressortaient prioritairement des communes avec un prévisionnel de récolte pour l’approvisionnement de la centrale de Provence, qui étaient peu boisées.
Enfin, un seuil a été établi avec les services de l’Etat, exprimé en mètres-cubes prévisionnels par hectare et par an. 324 communes se sont situées au-dessus du seuil. »
Lien utile :
L’actualité GazelEnergie dans les archives de Gomet’










