Vent porteur pour Syroco ! La start-up marseillaise figure parmi les trois premiers projets retenus dans le cadre du dispositif « Corimer Navire Bas Carbone » de France 2030, destiné à accélérer l’émergence de solutions industrielles bas carbone pour les navires.
L’annonce en a été faite le 5 février, à l’occasion du salon Euromaritime 2026 à Marseille, par Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, Philippe Tabarot, ministre des Transports, Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, et Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie, à l’issue d’un comité stratégique de filière (CSF) des industries de la mer réuni pour l’occasion.
Une plateforme numérique d’optimisation de routage pour réduire les émissions
Développé à Marseille par l’ancien kitesurfeur Alex Caizergues, « Syroco Live Next Gen » vise à concevoir une plateforme logicielle « dynamique et personnalisée », basée sur l’intelligence artificielle et dédiée au routage de « tout type de navire ». Concrètement, en intégrant directement des paramètres complexes liés aussi bien aux caractéristiques techniques des navires qu’aux nouvelles exigences de transition énergétique (propulsion propre, carburants alternatifs, opérations de cargaison ou encore conditions d’exploitation spécifiques) et qu’aux contraintes opérationnelles réelles rencontrées en mer (météo), l’objectif est de faire de cette solution un outil de référence pour optimiser les trajectoires.
A la clé, et c’est là tout l’intérêt, une réduction très sensible de la consommation de carburant (10 % en moyenne pour les navires marchands, et jusqu’à 25 % dans certaines situations, avance Syroco) et, bien sûr, en termes d’émissions de CO2 évitées.

Un levier technologique rapide à déployer
En soutenant Syroco, l’État mise ainsi, entre autre, sur la diffusion de solutions d’aide à la décision capables d’apporter des gains immédiats, le numérique apparaissant comme l’un des moyens les plus rapides à activer, en complément des ruptures technologiques plus lourdes comme les carburants alternatifs ou les nouvelles motorisations. « Ces projets illustrent l’excellence de l’innovation française et notre capacité à proposer des solutions opérationnelles, industrielles et rapidement déployables pour faire des navires français l’avant-garde de la décarbonation du transport maritime mondial », a notamment souligné Philippe Tabarot, le ministre des Transports.
L’appel à projets « Corimer Navire Bas Carbone », lancé en janvier 2025, est porté par le Conseil d’Orientation pour la Recherche et l’Innovation des Industriels de la Mer (Corimer), piloté par le Secrétariat général pour l’investissement, dans le cadre de France 2030, et opéré par l’Ademe. Outre Syroco, deux autres projets ont été sélectionnés : Awake, porté par Beyond the Sea (Gironde), autour d’un système de traction vélique par kite, et Eco-Suite, développé par Spinergie (Paris), consacré à l’optimisation énergétique des opérations offshore. Les montants des aides, via le dispositif Corimer, n’ont pas été communiqués. Syroco a déjà levé pour près de 13 M€ depuis sa création.
Doté de 54 milliards d’euros, France 2030 ambitionne, lui, de transformer durablement des secteurs clés de l’économie par l’innovation technologique. Le transport maritime, soumis à une pression croissante pour réduire son empreinte carbone, figure parmi les domaines ciblés. La seconde relève de l’appel à projets est actuellement en cours d’instruction.
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