Après plus de trois décennies passées sur les courts marseillais, l’Open 13 Provence s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire. Loin de Marseille, cette fois. À partir de 2026, le tournoi ATP 250 se tiendra en effet à la LDLC Arena de Lyon-Décines, du 18 au 25 octobre prochain. La fin d’une époque.
Fin de l’Open 13 Provence : un héritage marseillais de 32 ans
Depuis sa création en 1993, l’Open 13 Provence s’était en effet imposé comme un rendez-vous incontournable du tennis international, accueillant année après année les plus grands joueurs de la planète. Porté par Jean-François Caujolle, son fondateur et directeur, le tournoi bénéficiait d’un ancrage local fort, soutenu notamment par le Département des Bouches-du-Rhône, la Ville de Marseille et de nombreux partenaires publics et privés.
L’Open 13 Provence s’était ainsi imposée parmi les six tournois français les plus prestigieux, après Roland-Garros et le Masters 1000 de Paris Bercy, et aux côtés du Moselle Open (Metz), de l’Open de Lyon et de l’Open Sud de Montpellier, rares ATP 250 français à avoir trouvé place dans le calendrier international.
Une délocalisation à Lyon pour assurer la pérennité du tournoi
« C’est une décision guidée par la volonté d’assurer la pérennité du tournoi et d’offrir aux joueurs comme au public les meilleures conditions possibles », a expliqué Jean-François Caujolle, directeur du tournoi, dans un communiqué en date du 29 août 2025.
Le fait que le tournoi se délocalise à la LDLC Arena (située dans la métropole lyonnaise), salle de spectacles moderne et dernier cri, n’est d’ailleurs pas anodin. Il s’agit d’une infrastructure plus moderne que le Palais des Sports de Marseille, qui ne remplissait pas les conditions pour devenir un ATP 500 (catégorie de tournoi plus prestigieux). « Ce choix résulte d’une analyse approfondie des infrastructures disponibles sur le territoire national, capables de répondre aux nouveaux standards techniques, logistiques et médiatiques imposés par l’ATP Tour », souligne encore le communiqué.

L’Open 13 Provence, désormais filiale de All in Group
Soit. Mais les dimensions de la structure d’accueil et sa mise aux normes n’expliquent peut-être pas tout. D’abord, l’Open 13 Provence, organisé par Pampelonne Organisation, société de droit français fondée en 1999 par Jean-François Caujolle, est passé sous giron du All in Group, un groupe réunissant les activités sport business des anciens joueurs pro Jo-Wilfried Tsonga et Thierry Ascione.
Avec la suppression de l’Open de Lyon du calendrier ATP en 2025 (tout comme celle du Moselle Open), rien d’étonnant, dès lors, à ce que Tsonga, lui-même originaire de Lyon, où il a installé son académie, dans des infrastructures flambant neuves, inaugurées en 2023, souhaite réinstaller un tournoi de tennis de premier plan dans sa ville. Pas sûr non plus que les révélations de nos confrères de Marsactu, en février dernier, sur l’existence présumée de transferts d’argent entre les caisses de l’Open 13 et le Luxembourg, soit totalement étrangères à cette décision.
Quand les politiques montent au filet
« Marseille perd encore ! L’Open 13 Provence, c’est fini, faute d’entretien du Palais des Sports par la Ville de Marseille ! L’ATP refuse de maintenir la compétition. C’est une déception pour le Département qui a soutenu ce tournoi international de tennis sur notre territoire », a rapidement cinglé, sur le réseau social X, Martine Vassal, la présidente (DVD) du Département et de la Métropole.
Même son de clocle du côté de la Région où Romain Simmarano, directeur de cabinet de Renaud Muselier (Renaissance), et président du collectif « Une Génération pour Marseille », parle, toujours sur X, d’une « double faute de Benoît Payan », le maire (Le Printemps marseillais) de la Ville : « Après avoir échoué à faire venir une finale de Champions League à Marseille, voilà qu’il perd l’Open 13 qui part à Lyon. Après des JO qu’il ne voulait pas, son bilan restera celui de tous les renoncements. »
« La société Pampelonne, dont l’actionnaire majoritaire n’est plus un marseillais, organisatrice historique de l’Open 13, vient d’annoncer son départ pour Lyon. Déjà alertés par différents médias sur ses liens avec une société basée au Luxembourg, nous préparions la rupture du contrat qui liait la Ville à la société Pampelonne, répond de son côté la mairie, par la voix de Samia Ghali, maire adjointe en charge des grands événements. Notre ligne est claire : l’argent public n’a pas vocation à transiter par les paradis fiscaux et nous invitons toutes les autres collectivités à avoir la même éthique. Marseille continuera d’accueillir des grands événements sportifs – après la Coupe du monde de rugby et les Jeux Olympiques, nous travaillons à l’accueil d’un tournoi mondial de padel au Palais des Sports. »
Drôle d’échanges avec, on l’aura compris, les municipales déjà en fond de court… Qui ne cachent pas aujourd’hui le triste constat de la fin de la petite balle jaune à Marseille. Désormais, le tournoi de tennis le plus prestigieux du département est l’Open d’Aix Provence, dirigé par Arnaud Clément.










