La préfecture de police des Bouches-du-Rhône a dressé jeudi 5 novembre le bilan de la journée de mobilisation sociale dans le département. Les organisations syndicales appelaient à défiler et à cesser le travail, jeudi, dans toute la France. Parmi les revendications : la revalorisation des salaires, la sauvegarde des services publics et la défense du droit de manifester.
Selon les chiffres de la préfecture de police, la journée se solde par 38 interpellations et 13 policiers blessés, entre les blocages de lycées et le cortège sauvage formé à Marseille. Les manifestations déclarées ont rassemblé jusqu’à 14 000 personnes à Marseille selon la préfecture, 150 000 selon la CGT (voir plus bas).
17 lycées bloqués, plusieurs blessés
Dix-sept lycées ont été bloqués dans le département, avec jusqu’à 755 personnes mobilisées. La préfecture rappelle que ces blocages « ne sont pas constitutifs de manifestations et sont donc interdits ». Les forces de l’ordre interviennent « dans certains cas à la demande des chefs d’établissements, afin de débloquer au moins un accès ».
Ces actions ont donné lieu à 20 interpellations, notamment pour des « faits de violences contre PDAP » (personnes dépositaires de l’autorité publique), des « tirs de mortiers tendus sur les FDO » et des jets de projectiles. Dix policiers ont été blessés, dont un CRS plus gravement atteint : il était « en détresse respiratoire à la suite de jets de projectiles au niveau du thorax ».
Plusieurs civils ont aussi été blessés. Une passante, touchée au visage « directement par un tir de mortier », a été prise en charge par le Bataillon de marins-pompiers de Marseille (BMPM). Un lycéen a été renversé par le véhicule d’un tiers : légèrement blessé, il a été soigné sur place. Au lycée Émile-Zola d’Aix-en-Provence, quatre membres du personnel, dont la directrice, ont été légèrement blessés « par des tirs de mortiers et de pétards ».
14 000 manifestants à Marseille, un cortège sauvage
À Marseille, la manifestation déclarée a réuni jusqu’à 14 000 personnes, dont 1 000 lycéens selon la préfecture. Ailleurs dans le département, les cortèges ont compté au plus fort :
- 2 100 personnes à Aix-en-Provence, dont 300 étudiants ;
- 800 à Arles ;
- 300 à Salon-de-Provence, dont 25 lycéens ;
- 180 à Martigues.
Une interpellation a eu lieu en marge du défilé marseillais. Devant la mairie, des gendarmes mobiles ont contrôlé un individu qui faisait l’objet d’une fiche de recherche et d’une interdiction de sortie du Var. Il était « porteur d’un couteau et de stupéfiants ».
A Marseille, une fois le parcours terminé, les manifestants se sont dispersés et un cortège sauvage s’est formé. Selon la préfecture, « plusieurs individus masqués ont tenté d’ériger des barricades ». Leurs actions ont été « entravées par l’action rapide des forces de l’ordre », visées par des jets de projectiles. Ces incidents se soldent par 17 interpellations et trois policiers légèrement blessés.
Estimation du nombre de manifestants : le grand écart
Dans son communiqué sur le bilan de la journée, le ministère de l’Intérieur estime à 575 000 le nombre de manifestants en France, dont 65 000 dans la capitale. Aussi, le ministère de l’intérieur a recensé 193 actions, contre 227 samedi 31 octobre, 289 le 24 octobre et 430 le 17 octobre. De son côté, la CGT estime que les mobilisations ont réuni 1 573 000 personnes, dont 350 000 à Paris. Outre la capitale, 150 000 personnes étaient réunies à Marseille, 120 000 à Bordeaux, 100 000 à Lille, 80 000 à Toulouse, 55 000 à Lyon, 35 000 à Nantes et Rennes, estime le syndicat.
Lien utile :
Notre dossier d’actualités consacré aux suites des violences du 17 octobre











