« De nombreux maires m’ont témoigné leur confiance et m’ont encouragée à poursuivre mon action métropolitaine. Je les remercie sincèrement, mais, pour autant, j’ai fait un choix de responsabilité (…) Je ne serai pas candidate à la présidence de la Métropole. »
Sonnée depuis une semaine et la claque reçue au 1er tour des élections municipales à Marseille (12,41% des voix), marginalisée au second tour où elle dépasse tout juste les 5 %, une gifle, privée de toute dynamique municipale dans la ville centre, qui rendait son maintien à la tête de la Métropole intenable, Martine Vassal en a tiré toutes les conclusions. Sans tarder, dès dimanche soir.
Le retrait de la candidate de la droite et du centre, qui avait succédé à Jean-Claude Gaudin au perchoir métropolitain en 2018, et qui souhaite désormais concentrer son énergie à son mandat de présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, ouvre ainsi une période d’incertitude inédite à la Métropole, après huit ans de règne.
Payan à Marseille, un poids déterminant mais loin d’être hégémonique
« On ne pourra plus faire sans Marseille », clame depuis des semaines Benoît Payan. Reconduit haut la main, le maire divers gauche de Marseille, coeur démographique et politique de la Métropole, sort renforcé, c’est vrai, de cette séquence qui lui assure un poids déterminant dans la future assemblée métropolitaine avec 67 sièges (sur les 101 réservés à Marseille) crédités à sa liste du Printemps marseillais.
Une base importante mais loin d’être hégémonique alors que les conquêtes, comme à Aubagne où le Parti communiste reprend la ville à la droite, peinent à compenser les revers (Fos, Istres…) et que les soutiens restent clairsemés (Vitrolles, Martigues, Miramas…), pour un total d’environ 90 sièges, assez éloigné des 120 sièges requis pour avoir une majorité.
Et ce, dans un paysage fractionné où la droite traditionnelle, autour de Sophie Joissains joliment reconduite à Aix, reste en position de force mais orpheline désormais d’un leadership incontesté et où le Rassemblement national, porté par Franck Allisio, réalise une progression notable et consolide ses positions dans plusieurs villes moyennes du département.
Joissains (Aix), Isnard (Salon), un(e) autre ?
Dans ce contexte, plusieurs noms circulent déjà pour succéder à Martine Vassal. Benoît Payan lui-même, alors qu’il sait une majorité de gauche inatteignable ? S’il pourrait être tenté malgré tout de faire valoir la centralité de Marseille, ce scénario est loin de faire consensus, à l’image de Georges Cristiani, le maire (sans étiquette) de Mimet et influent président des maires de Provence, qui a d’ores et déjà indiqué ne pas souhaiter « que le nouveau président soit un Marseillais ». Signe de certaines résistances, voire de résistances certaines, dans nombre de communes périphériques.
Le nouveau maire de Marseille pourrait-il s’allier, dès lors, ou du moins s’entendre avec un maire de droite, autour d’un accord technique plus que politique, rappelant, comme il l’a déjà fait, que « la Métropole ne doit pas être gérée comme une collectivité politisée mais pour ce qu’elle est : un établissement public de coopération intercommunal qui respecte le travail de tous les maires » ?
C’est la tendance désormais, en coulisses, où plusieurs noms émergent. Celui de Sophie Joissains, à la tête de la deuxième ville de la Métropole, qui entretient des relations fluides avec Benoît Payan, bien plus en tout cas qu’avec Martine Vassal, mais dont le profil très politique pourrait en freiner certains. Ou plus sûrement Nicolas Isnard, le maire (LR) très largement reconduit dès le 1er tour à Salon-de-Provence (74,71%), dont le nom avait déjà circulé en 2020 (comme celui de Sophie Joissains et de Jean-Pierre Serrus, le maire réélu de La Roque-d’Anthéron) et qui revient à nouveau avec insistance.
Faire consensus
Un ou une autre ? Bien malin qui aujourd’hui le sait, alors que cette nouvelle « bataille », prolongement naturel des municipales, ne fait que commencer.
L’élection du ou de la futur(e) président(e) n’est pas programmée avant début avril. Avec une certitude d’ici là, dans ce nouveau paysage recomposé et alors que les grands dossiers -mobilités, déchets, aménagement…- pourraient devenir des terrains de compromis permanents : le nouvel élu devra faire largement consensus, sous peine d’immobilisme.
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