Le Parti Radical de Gauche (PRG) a annoncé lundi 23 février son retrait du Printemps Marseillais, la coalition menée par le maire sortant Benoît Payan, estimant que « les conditions ne sont plus réunies » pour poursuivre cette alliance.
Dans son communiqué diffusé depuis le siège national du parti présidé par Guillaume Lacroix, le parti affirme qu’« aucune collusion avec les extrêmes n’est acceptable » et considère que « le combat politique doit avant tout se mener sur le champ des valeurs et de l’éthique ».
Dans le viseur, à la fois la forme et le fond. Le PRG dénonce ainsi des « menaces politiques », une « verticalité de l’organisation » et une « opacité dans la prise de décisions relatives à la campagne ». Il regrette que la direction ait choisi de « tout centraliser sans concertation avec les partenaires politiques ».
Sur le fonds, le PRG pointe des « rapprochements entre le Printemps Marseillais et La France Insoumise », évoquant le passage de « militants connus » vers la coalition ainsi que de possibles « négociations » pour le second tour comme en a témoigné le dernier débat télévisé durant lequel Benoît Payan et Sébastien Delogu, le candidat de LFI, ont évoqué cette hypothèse, sans toutefois trancher la question.
Une nécessaire reconstruction fondée sur « la morale publique » et « l’engagement éthique »
Le parti déplore également « une éviction des candidats de partis idéologiquement variés » ayant « pour seul point commun : leur refus de tout lien avec LFI ».
Se disant « fermement attaché à la lutte contre tous les extrêmes » et au « rejet de la violence politique », le PRG conclut que « la violence de cette campagne » et « l’absence de débat sur les propositions » imposent désormais « une reconstruction politique marseillaise » fondée sur « la morale publique » et « l’engagement éthique ».
Document source : l’intégralité du communiqué du PRG
PRG – le centre gauche
Parti Radical de Gauche – Le Centre Gauche
320 rue Saint-Honoré – 75001 Paris
Communiqué de presse : Retrait du Parti Radical de Gauche du Printemps Marseillais
Le Parti Radical de Gauche annonce aujourd’hui son retrait du Printemps Marseillais, la coalition des partis politiques regroupée autour de Benoît Payan, maire socialiste sortant, tête de liste aux élections municipales de Marseille.
Dans une ville où le péril du Rassemblement National n’a jamais été aussi élevé, nous pensons fermement qu’aucune collusion avec les extrêmes n’est acceptable et que le combat politique doit avant tout se mener sur le champ des valeurs et de l’éthique.
Depuis le début de la campagne, le Parti Radical de Gauche, avec son responsable départemental, Hugo Roche Poggi, n’a cessé de s’impliquer pour porter la voix des sociaux-démocrates dans une approche collective, sincère et pluraliste, et faire reculer le Rassemblement national. Aujourd’hui, nous regrettons plus que jamais que les conditions ne soient plus réunies pour participer au rassemblement du Printemps Marseillais.
En effet, depuis plusieurs semaines, nous observons des méthodes que le Printemps Marseillais clame avoir enterrées : menaces politiques, verticalité de l’organisation et opacité dans la prise de décisions relatives à la campagne. La direction de la campagne, déjà très réduite, a choisi de tout centraliser sans concertation avec les partenaires politiques du Printemps. La coalition présentée en 2020, qui ménageait la pluralité des opinions et des profils, tout en refusant, à l’époque, les méthodes et les élus guérinistes ainsi que les compromis avec des partis aux extrémités de l’échiquier politique, n’a plus grand chose à voir avec le fonctionnement actuel, qui ternit l’engagement pris devant les Marseillaises et Marseillais.
Car plus inquiétant encore, depuis plusieurs semaines, sans aucune concertation avec les responsables de partis membres du Printemps, nous observons des rapprochements entre le Printemps Marseillais et La France Insoumise. Tout d’abord, des militants connus passent de LFI au Printemps. Ensuite, il semble apparaître des négociations à venir pour le second tour des élections municipales avec la liste menée par Sébastien Delogu. Enfin, une éviction des candidats de partis idéologiquement variés qui ont pour seul point commun : leur refus de tout lien avec LFI.
Dans ces conditions, étant fermement attaché à la lutte contre tous les extrêmes, au rejet de la violence politique, et aux méthodes d’intimidations politiques dignes des années Guérini, nous retirons notre participation au Printemps Marseillais.
La violence de cette campagne, les méthodes utilisées pour amoindrir l’approche collective, et l’absence de débat sur les propositions pour changer la ville, imposent une reconstruction politique marseillaise qui remettra au centre la volonté d’agir pour notre Marseille, la morale publique, et l’engagement éthique.

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