Un rendez-vous démocratique, mais aussi une opportunité économique. Les 15 et 22 mars prochains, les électeurs des Bouches-du-Rhône sont appelés aux urnes pour choisir leur maire et leur équipe municipale pour les six années à venir. À l’échelle de la Métropole Aix-Marseille-Provence, ce sont 92 communes qui sont concernées par ce scrutin, sur lequel les acteurs économiques du territoire entendent bien peser.
A un peu plus de cinq semaines 1er tour, le collectif « Tous acteurs », qui rassemble près de 180 organisations économiques du territoire, s’est retrouvé le 3 février au Palais de la Bourse, à Marseille, pour faire entendre sa voix et présenter une plateforme de 42 propositions destinées à l’ensemble des candidats.

Plus qu’un catalogue de mesures, l’initiative se veut avant tout une démarche structurée de dialogue et de « co-construction » entre élus et acteurs économiques. « Nous ne sommes pas là pour donner des leçons, mais pour inspirer et accompagner », a résumé Jean-Luc Chauvin, le président de la CCI métropolitaine Aix-Marseille-Provence, revendiquant une approche volontairement apolitique, tournée vers l’intérêt général et la performance du territoire.
« Quand les entreprises parlent d’une seule voix, elles sont mieux entendues »
Né en 2018, le collectif « Tous acteurs » s’est progressivement structuré pour devenir un espace de convergence du monde économique local. Chambres consulaires, fédérations professionnelles, réseaux d’entrepreneurs, zones d’activités, associations de commerçants et acteurs des centres-villes y sont représentés, répartis en trois grands collèges.
Cette diversité constitue, selon Jean-Luc Chauvin, la principale force du collectif. « Quand les entreprises parlent d’une seule voix, elles sont mieux entendues », souligne-t-il. Pour élaborer les 42 propositions, cinq groupes de travail thématiques ont été constitués, mobilisant une soixantaine de chefs d’entreprise et de responsables associatifs. Les propositions sont regroupées autour de cinq grands axes : la gouvernance territoriale, l’attractivité économique, les mobilités, la transition écologique et industrielle, ainsi que l’emploi et la jeunesse.
Un « contrat de gouvernance territoriale »
Pour chaque thématique, des propositions concrètes ont été formulées, accompagnées d’idées audacieuses offrant des solutions très innovantes, ainsi que de « petits pas » : des actions simples à mettre en œuvre, immédiatement applicables. L’objectif est clair : permettre aux futurs élus de s’engager rapidement, sans attendre la fin du mandat pour produire des effets visibles. Un « contrat de gouvernance territoriale partagé », pour reprendre la formule de Jean-Luc Chauvin.
« Nous voulons éviter que ces propositions ne restent des intentions ou des promesses de campagne », insiste ce dernier. Les 42 propositions vont être envoyées à l’ensemble des candidats aux élections municipales sur le territoire. Lesquels seront invités à faire savoir les propositions qu’ils souhaitent retenir ou soutenir. Les engagements des différents candidats seront ensuite partagés publiquement, « en toute transparence » pour faire l’objet d’un suivi tout au long du mandat.
Inspirer l’action publique, accélérer le territoire
« On est persuadés que c’est ensemble, en conjuguant nos énergies et nos compétences, élus et entrepreneurs, que nous ferons réellement accélérer ce territoire, et que nous construirons l’avenir d’Aix-Marseille-Provence, souligne encore Jean-Luc Chauvin. Le monde économique peut être une source d’inspiration pour nos élus, pour nos villes, et pour notre métropole qui ne peut plus se permettre l’immobilisme face à la concurrence d’autres territoires européens. »
Une volonté d’accélération partagée par Sandrine Motte, la directrice générale de la SEM et membre du Club Top 20 qui souligne la nécessité de sortir d’une approche « en silos » : « L’économie du territoire ne peut plus être pensée, commune par commune, sujet par sujet, mais comme un tout cohérent, à l’échelle des bassins de vie et des grands projets structurants, notamment industriels et portuaires, de notre métropole », plaide-t-elle. Même tonalité du côté de d’Élodie Garcia, pour la CPME 13, qui insiste sur l’exigence de résultats rapides. « Les entreprises ont besoin de plans lisibles, applicables et immédiatement opérationnels », affirme-t-elle, soulignant que les propositions émanent directement du terrain et non d’une réflexion technocratique.
« Nous attendons que cette démarche soit prise au sérieux après les élections, pas seulement pendant la campagne », conclut Catherine Valès, la présidente de l’U2P des Bouches-du-Rhône. L’important, c’est que dans dans six ans, lorsqu’on se retrouvera, on puisse se dire qu’on a réussi à tirer ce territoire que nous aimons tant vers le haut. »
Document source : les 42 propositions de « Tous acteurs »
Lien utile :
> L’actualité des municipales 2026 dans notre dossier dédié et notre rubrique politique














