François de Canson, maire divers droite de La Londe-les Maures dans le Var, également président de la communauté de communes et vice-président de la Région Sud, affiche sa mobilisation et sa volonté de voir aboutir sur sa commune le projet industriel dédié aux drones sous-marins de Naval Group (lire notre article). Interview express alors que l’enquête publique vient de se dérouler.
Naval Group prépare un vaste projet industriel dans votre commune. Où en est le projet ?
François de Canson : Nous attendons les résultats de l’enquête publique qui a eu lieu cet été avec une grosse participation. C’est un projet qui avance bien avec une volonté d’aller le plus rapidement possible compte tenu de son envergure. Le sujet c’est bien la réindustrialisation. Nous avons la chance à La Londe de disposer de ce site qui va retrouver vie. C’est important de montrer qu’un site peut reprendre une activité industrielle. Notre commune repose sur trois piliers. On a toujours eu l’agriculture, on a toujours eu le tourisme, on a toujours eu l’industrie. Mais cette dernière s’est arrêtée. Aujourd’hui c’est l’occasion de reprendre. Nous sommes particulièrement motivés, je crois que l’État aussi afin que ce projet aboutisse. On voit bien le rôle du drone dans le combat. Avoir un drone sous-marin qui se développe à La Londe c’est une chance pour l’industrie de la défense.
Quelle est la prochaine étape ?
François de Canson : C’est la fin de l’enquête publique et la délivrance des permis de construire. On va avancer à marche forcée pour pouvoir réaliser ce projet, pour permettre la création de 700 emplois sur notre commune sur ce qui est aujourd’hui une friche industrielle de 22 hectares. A l’époque de l’activité industrielle, il y a eu jusqu’à 600 employés qui ont travaillé sur ce site. Il devrait réouvrir avec 700 personnes. Et puis il y aura une montée en puissance si d’aventure tout marche bien.
Quel est le financement ?
François de Canson : L’investissement est assuré par Naval Group et évidemment une participation de la communauté de communes pour tout ce qui est équipements publics, soit 140 millions d’euros selon les chiffres de Naval Group et environ 10 millions pour la communauté de communes. A cela s’ajoute les aides de l’Etat (3,5 M€) et de la Région (3,5 M€) dans le cadre du contrat de plan Etat-Région.
Quelles sont les échéances pour l’ouverture du site ?
François de Canson : L’ouverture est prévue en 2027, mais je pense que nous serons plutôt sur 2028. C’est demain !
Il y a certaines contestations, notamment sur le fait que le site soit en zone inondable et déjà très urbanisée. Que répondez-vous ?
François de Canson : Nous avons tenu encore dernièrement une réunion publique pour expliquer le dossier. Tous les protagonistes ont pu intervenir ainsi que les services de l’État. Je crois qu’aujourd’hui, avec ce qui se passe du point de vue climatique, que personne ne prend de risques. Donc, tout le monde privilégie les précautions d’usage. C’est un dossier qui est bien monté et bien ficelé. On attend désormais les résultats de l’enquête publique qui doit rendre ses conclusions. D’après ce que j’ai vu, une large majorité de gens est favorable au projet.
La cohabitation entre des activités touristiques, agricoles et industrielles, c’est possible ?
François de Canson : C’est toute la vie de La Londe qui a commencé d’abord avec l’agriculture, puis il y a eu une activité industrielle puis touristique. Et tout à coup l’industrie s’est arrêtée. Il n’y a plus rien eu pendant 30 ans. Aujourd’hui nous avons la chance de la faire revenir. Je l’ai dit depuis le premier jour de mon mandat : « jamais on ne laissera sur ce dossier agir des promoteurs. » Nous voulons la réindustrialisation, c’est un combat de longue date. 20 ans après, je crois que c’est la victoire de ce combat. Qui est le maire aujourd’hui qui peut refuser la réindustralisation et la création de 700 emplois (regroupement dans un premier temps des personnels basés à Ollioules et St-Tropez notamment) sur sa commune ?
Le Var continue à avoir cette vocation spécifique dans le système de défense français ?
François de Canson : Bien évidemment. On sait le poids du département dans ce domaine. Il y a Canjuers, le port de Toulon, etc. La région est une une terre de défense et on se doit de participer à cette réindustrialisation. En tout cas c’est une volonté forte de la municipalité en n’ opposant jamais économie et écologie, en faisant en sorte que le bien-être des habitants soit respecté tout en développant ce projet industriel. Rappelons-nous qu’il y avait déjà un site industriel. Ce site appartient à Naval Group, donc on ne révolutionne rien. C’est un retour aux sources.
Le président de la République qui est voisin en été depuis sa résidence de vacances du Fort de Brégançon est-il mobilisé sur le projet ?
François de Canson : J’ai eu la chance de déjeuner encore une fois avec le président de la République. Il est très au fait de ce dossier. Il le regarde avec attention.
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