Une « décision majeure » saluée comme une « victoire » par la Région Sud. Réunis le 4 décembre 2025 à Bruxelles, les ministres européens des Transports ont validé l’inscription de l’axe ferroviaire Marseille–Gênes, porté notamment par la LNPCA (Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur), comme projet transfrontalier prioritaire dans le cadre du Mécanisme pour l’Interconnexion en Europe (MIE).
Une décision qui consacre, au niveau européen, l’intérêt stratégique de la LNPCA, non plus comme simple projet régional mais comme infrastructure structurante pour la connectivité entre la France et l’Italie, et plus largement pour l’arc méditerranéen jusqu’à Barcelone, en Espagne. Et qui ouvre la voie à de nouveaux financements, conséquents, renforçant la crédibilité financière et l’envergure internationale du projet.
Un élargissement considérable du périmètre de la LNPCA
Cette reconnaissance élargit considérablement le périmètre prioritaire : jusqu’à présent, seule la section Nice–Gênes figurait dans la liste des liaisons jugées stratégiques au niveau européen. La décision d’étendre ce statut à l’axe Marseille–Gênes dans sa totalité marque un tournant et reflète la prise en compte par l’Union européenne de l’importance de la LNPCA, en particulier en matière de circulation voyageurs, de fret, et de mobilité durable dans le Sud de la France, trop longtemps considéré comme un cul-de-sac ferroviaire.

« Un maillon essentiel de l’arc méditerranéen » (Renaud Muselier)
« C’est une décision majeure, qui confirme la dimension européenne de la Ligne Nouvelle Provence–Côte d’Azur et qui va faire de l’axe ferroviaire Marseille–Vintimille un maillon essentiel de l’arc méditerranéen. Je tiens à remercier le ministre des Transports, Philippe Tabarot, pour son engagement dans cette étape déterminante », a salué Renaud Muselier, président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui a beaucoup poussé en coulisses, avec son ancien vice-président chargé des transports.
La LNPCA, portée par l’État et la Région Sud, ainsi eu divers établissements publics et collectivités, a pour objectif reconfigurer et moderniser le réseau ferroviaire entre Marseille, Toulon et la Côte d’Azur. La mise en souterrain de la gare de Marseille-Saint-Charles, le projet d’une gare TGV à l’aéroport de Nice Côte d’Azur, ou encore l’option d’une navette toulonnaise, s’inscrivent dans ce grand dessein.
Des financements européens attendus
La déclaration d’utilité publique des phases 1 & 2 a été prononcée le 13 octobre 2022. Et, depuis avril 2025, le projet est officiellement en phase de réalisation. Le coût total des deux premières phases s’élève à environ 3,6 milliards d’euros, dont 40% de financement de l’État et 40% des collectivités territoriales, qui comptent sur l’Union européenne pour combler les 20% restants.
Un engagement de plus de 1,228 milliard d’euros a été confirmé par l’État et les collectivités pour lancer les premières opérations. Le soutien de l’Union européenne à la LNPCA ne date pas d’hier, mais l’inscription au MIE marque un tournant. « Dès 2028, c’est tout l’axe Marseille–Gênes qui sera éligible aux financements européens en tant que liaison transfrontalière prioritaire », confirme Renaud Muselier. Et ce, alors que dès cet été, la Commission européenne a confirmé l’attribution de 56 M€ à plusieurs projets régionaux dans le cadre du dernier appel à projets du MIE, s’ajoutant aux 52 M€ de fonds européens déjà mobilisés pour la LNPCA.
La décision des ministres des transports doit maintenant être adoptée le 15 décembre et actée formellement par le Conseil européen.
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