Telehouse (Japon) franchit une nouvelle étape dans son implantation en Provence. Selon une information révélée par La Provence mardi 9 septembre, Michel Amiel, maire des Pennes-Mirabeau, a confirmé le dépôt d’une demande de permis de construire effectuée le 24 mai dernier pour un projet de huit bâtiments sur une parcelle de six hectares, dans la zone des Sybilles, près de Saint-Victoret. Le dossier est actuellement en cours d’instruction et une enquête publique devrait avoir lieu d’ici la fin de l’année.
Des infrastructures pour l’IA
Le futur site accueillerait des datacenters de dernière génération, conçus pour supporter les besoins croissants en intelligence artificielle. Telehouse met en avant des installations à forte efficacité énergétique, intégrant les meilleures pratiques environnementales, tout en renforçant la souveraineté numérique locale.
L’opérateur entend également faciliter l’interconnexion avec ses autres sites stratégiques, notamment son data center situé depuis 2021 à Marseille, sur le campus Qanta (Unitel) dans le 16e arrondissement mais aussi ses infrastructures en région parisienne.
Un projet inscrit dans un plan national d’investissement
En février 2025, lors du sommet de l’IA, Telehouse avait annoncé un plan d’investissement de 400 millions d’euros en France. En 2024, il avait évoqué un programme de trois nouveaux datas center pour un montant d’un milliard, qui comprenait la création d’un complexe de 60 000 m², doté d’une puissance de 50 MW et prévu pour 2027 dans la région marseillaise. Le choix des Pennes-Mirabeau confirme la volonté de l’entreprise de faire de la métropole Aix-Marseille-Provence un pôle majeur pour l’hébergement de données en Europe du Sud. A noter que Telehouse possède déjà un data center à Marseille, baptisé THM1.
Sur le site de Telehouse, l’entreprise explique son choix d’implanter des data centers à Marseille et autour de la ville : « Pas moins de 15 câbles sous-marins y aboutissent actuellement, reliant le chef-lieu du département des Bouches-du-Rhône à l’Europe, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie. Et ce n’est qu’un début : Peace en 2021, un nouveau câble vers la Chine qui suit les anciennes routes de la soie, Google Blue Raman vers l’Inde en 2023, ou encore 2Africa de Facebook devraient permettre de démultiplier les capacités existantes. De 154 aujourd’hui, elles devraient ainsi passer à plus 700 térabits de bande passante. Avec 160 opérateurs de télécommunications internationaux et nationaux, 6 points d’échange internet et 14 plates-formes et réseaux de distribution de contenu hébergés, dans le classement des hubs datacenter dans le monde ».

Un nouveau data center dans un territoire qui en compte déjà beaucoup
La possible arrivée du nouveau centre de données intervient dans un contexte local où cette question suscite de plus en de débats. Le projet Segro qui mêle implantation de data center et hub logistique, dans le 16e arrondissement de Marseille (à seulement quelques kilomètres des Pennes-Mirabeau), est ainsi vivement contesté par les riverains, élus et associations. De manière plus générale, des élus écologistes marseillais avaient demandé au maire de prendre un moratoire sur l’implantation de nouveaux data centers dans la cité phocéenne.
Alors que Marseille concentre déjà de nombreux data centers, Digital Realty a annoncé construire son sixième data center marseillais (MRS6) sur la commune de Bouc-Bel-Air, dans la zone d’activités de La Malle. Digital Realty prendra la parole lors du forum Nos énergies en question(s) organisé par Gomet’ jeudi 25 septembre à l’école des Arts et Métiers à Aix, sur le thème de l’impact énergétique du numérique. Inscrivez-vous !
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