Et un départ de plus, et pas des moindres ! Mais, contrairement aux trois précédents, qui ont rythmé ces dernières semaines, enfonçant un peu plus le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) des Alpes-2030 dans la crise, celui-là n’est pas subi mais voulu. Devenu inéluctable, explique-t-on.
Selon Le Parisien, qui révèle l’information, Cyril Linette, le directeur général du Cojop est sur le point de s’en aller, poussé par la sortie par Edgar Grospiron lui-même, le président du Comité qui l’avait choisi en avril 2025. Selon le quotidien, ce dernier a ainsi signifié à son n°2 « la fin prochaine de leur collaboration », dont l’officialisation serait imminente.
Le duo Grospiron-Linette ne fonctionnait plus
« Plus personne ne veut de lui dans le dossier », glisse un observateur à L’Equipe, alors que des négociations sont désormais en cours pour régler les conditions de cette rupture. Entre les deux hommes, entre l’ex-patron des sports de Canal+ et l’ancien champion de ski de bosse, il n’y avait plus d’entente, glisse-t-on, et leur duo ne fonctionnait plus.
« Désaccords insurmontables » et « nouvelle organisation »
[Mise à jour – 11/02/2026] Dans un communiqué publié mercredi 11 février, le comité d’organisation des Jeux olympiques 2030 dans les Alpes françaises (Cojop) annonce avoir « pris acte de désaccords insurmontables entre le président Edgar Grospiron et le directeur général Cyril Linette », au lendemain d’une nouvelle réunion, dans l’urgence, des parties prenantes. « Dans ce contexte, elles ont donné leur aval au président du Cojop pour conduire les discussions nécessaires et lui ont demandé de proposer la solution la plus adaptée à l’intérêt collectif du projet », poursuit le communiqué, sans confirmer de manière officielle le départ de l’ancien patron des sports de Canal+.
Un bureau exécutif a été programmé pour le 22 février au matin, dernier jour des Jeux olympiques de Milan-Cortina, « afin de statuer sur la situation et examiner les recommandations issues de la mission d’accompagnement en cours sous l’égide d’Etienne Thobois », précise le communiqué. Ce dernier, ancien directeur général de Paris 2024, a été chargé fin janvier par le Cojop de « formuler des propositions opérationnelles » afin de « garantir une organisation plus lisible, stable et opérationnelle ». Un autre bureau exécutif, programmé le 19 mars, « arrêtera les modalités opérationnelles de mise en œuvre de la nouvelle organisation », ajoute le communiqué.
Des tensions au sommet qui se sont répercutées sur toute l’organisation. Ces dernières semaines, Anne Murac, la directrice des opérations partie début décembre, suivie plus récemment par Arthur Richer, le directeur de la communication, et Bertrand Méheut, le président du comité des rémunérations, il y a à peine 8 jours, avaient tour à tour claqué la porte.
Des discussions entre les parties prenantes des Jeux 2030, dont Renaud Muselier, le président de la Région Sud présent le week-end dernier en Italie pour l’ouverture des Jeux olympiques d’hiver 2026, mais aussi son homologue de la région Aura, la ministre des Sports et la présidente du comité olympique français, ont débouché sur l’inéluctabilité du départ d’un des deux hommes. Edgar Grospiron, qui a le soutien du CIO, de l’Elysée, du mouvement sportif français, « a dégainé le premier ».
Remise du drapeau olympique le 22 février…
Pour remplacer Linette, Le Parisien avance le nom de Jean-François Vilotte, actuel directeur général de la Fédération française de football, qui avait déjà refusé le poste. Un directeur général adjoint, connaisseur de l’olympisme, pourrait également être engagé. Xavier Becker, qui est actuellement l’un des directeurs au Comité international olympique (CIO), est cité et pourrait dans le même temps remplacer Anne Murac en charge des opérations. A suivre…
Une certitude : il faudra aller vite alors que le bateau olympique des Alpes 2030, qui tangue dangereusement depuis de (trop) longs mois, doit récupérer le drapeau olympique le 22 février prochain, à l’issue des Jeux de Milan-Cortina. Le vrai début, symbolique, de l’olympiade 2030, avant, un mois plus tard, le 19 mars, une nouvelle réunion du bureau exécutif. Avec de nouvelles têtes autour de la table, certainement. Et un peu de sérénité retrouvée ?
Liens utiles :
> La Région lance « CoopJOP », une alliance internationale pour des Jeux d’hiver durables
> Notre dossier consacré aux Jeux olympiques 2030













