Le débat organisé par BFM TV jeudi 19 février, réunissant le quatre principaux candidats aux municipales de Marseille, aura été marqué par une déclaration très controversée de Martine Vassal, la candidate divers droite, revendiquant les valeurs « travail, famille, patrie » devise du régime de Vichy.
La candidate à Marseille Martine Vassal assure que ses valeurs sont "mérite, travail, famille, patrie" pic.twitter.com/rSRxhzqkhG
— BFM Marseille Provence (@BFMMarseille) February 20, 2026
Malgré ses démentis et les interventions de ses soutiens le mal était fait.
"Ma devise c'est liberté, égalité, fraternité", assure Martine Vassal, candidate LR à la mairie de Marseille pic.twitter.com/CW0g0pmP9X
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Et les réactions n’ont pas manqué, notamment du côté du pôle centriste dont la candidate revendique le soutien avec notamment les investitures des partis Horizons et Renaissance, le parti macroniste (ex-En Marche).
Le Modem qui était déjà monté au créneau lors d’une autre déclaration critiquée de Martine Vassal sur une éventuelle alliance avec l’extrême droite au second tour, demande désormais de « débrancher » la candidate et de la remplacer pour le second de la liste, Romain Simmarano.
Mohamed Laqhila (Modem) appelle Romain Simmarano à reprendre « le flambeau »
Le parti de François Bayrou, représenté localement par Mohamed Laqhila, vice-président du Modem 13 et membre du bureau exécutif national, ancien député des Bouches-du-Rhône dresse d’abord un constat sans fard : « Depuis plusieurs semaines, des interrogations circulent sur la position du Mouvement Démocrate concernant la liste conduite par Mme Martine Vassal à Marseille. Je souhaite être parfaitement clair. Le MoDem ne soutient pas la liste de Mme Martine Vassal. Cette position a été arrêtée en amont, avant les récentes déclarations publiques de Mme Vassal, et indépendamment des polémiques qui ont suivi. Le Mouvement Démocrate est attaché à une ligne politique constante : celle de la responsabilité, de la clarté républicaine, du refus des ambiguïtés et des arrangements de circonstances. À Marseille, ces exigences ne sont aujourd’hui pas réunies. »
Et de poursuivre : « Dans ce contexte, et dans un esprit de responsabilité politique, j’en appelle solennellement à Romain Simmarano, porte-parole de la liste et numéro deux, pour qu’il prenne ses responsabilités et reprenne le flambeau. Marseille mérite un projet lisible, rassembleur, fidèle aux valeurs humanistes, démocrates et européennes que nous portons. Le Modem continuera à s’exprimer avec constance, indépendance et sens de l’intérêt général, au service des Marseillaises et des Marseillais. » Une proposition que le principal intéressé a rapidement écarté dans un message posté sur le réseau X : « Merci, Mohamed, pour cette idée originale. Mais nous avons une candidate à la mairie : Martine Vassal. Elle a la compétence, l’expérience, elle rassemble et fédère ! J’aime ma ville, mon pays, et me tiens à ses côtés pour la victoire. J’aurais tant aimé que tu fasses pareil ! »
Sécurité et cannabis, Sebastien Delogu se démarque
L’essentiel du « débat » qui se tenait dans le grand hall du Palais de la Bourse a été accaparé par des thématiques très nationales. Du narco-trafic, à la vidéo surveillance, la halte de soins (salle de shoot) en commençant par la mort de Quentin Deranque (militant d’extrême droite identitaire) survenue le 14 février 2026 à Lyon avec l’implication de militants de la Jeune garde, proche de LFI, les différents candidats ont abordé leur position comme sur la sécurité. Un thème où le candidat LFI Sébastien Delogu s’est nettement démarqué, prônant à la fois une légalisation du cannabis, un désarmement de la police municipale et effort sur les moyens judiciaires.

Même différenciation sur l’accompagnement des toxicomanes avec une volonté du député des Bouches-du-Rhône de défendre la halte de soins addiction, hors du système hospitalier, pour être au plus près des consommateurs dépendants. Sébastien Delogu avait frappé fort dès l’entrée du débat en dénonçant un système corrompu, soulignant les procédures judiciaires ouvertes à l’encontre de ses adversaires qui mettent en cause « leur probité. » La propre condamnation du député LFI étant considérée par lui-même non liée à son mandat d’élu.
L’actualité nationale a donc éludé les nombreux dossiers locaux sur lesquels les candidats se sont très peu exprimés, notamment les projets pour la ville, les transports, les enjeux métropolitains ou encore les défis économiques qui pourraient permettre de réduire les inégalités avérées dans la cité phocéenne.
Benoît Payan, devenu maire en 2020 après la démission de l’écologiste Michèle Rubirola élue à la tête du Printemps Marseillais, a été frontalement critiqué sur son bilan, notamment par la présidente de la Métropole et du Département, stigmatisant son échec sur les écoles et la sécurité. Le maire sortant a tenté de se positionner au-dessus de la mêlée tout en taclant l’héritage de l’ex-maire Jean-Claude Gaudin pour mieux mettre en relief ses propres actions sur le recrutement de policiers municipaux ou la construction de nouvelles écoles.

Quant au RN Frank Allisio, il a célébré ses racines (issue pour partie de l’immigration italienne) et sa volonté de remettre de l’ordre dans la ville, y compris sur les plages en réservant à travers « un pass anti-racaille » des espaces pour les familles, les minots et les seniors.
Pas sûr que la France témoin de cet épisode, ni Marseille, première concernée, sortent grandies de ces échanges (lire le Bloc-Notes d’Hervé Nedelec).
Sondage : Payan en tête, Allisio second, Vassal décroche
Un sondage (*) réalisé par Elabe avant le débat de jeudi accentue les tendances déjà révélées par les précédentes enquêtes avec Benoît Payan en tête des intentions de vote au 1er tour (31%), devant Franck Allisio (29%).
La candidate Martine Vassal (soutenue par Les Républicains, Renaissance, Horizons et l’UDI ) décroche et obtiendrait 21% des intentions de vote. Sébastien Delogu pointe à 12% Les autres candidats obtiendraient moins de 5% des intentions de vote tandis les trois autres listes sont à moins de 5% : Victor Hugo Espinosa, soutenue par Ecologie au centre (4%), Erwan Davoux, divers droite (2%) et Rémy Bazzali, soutenu par Lutte Ouvrière (1%).
Liens utiles :
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(*) La fiche technique du sondage Elabe














