Le projet de port fluvial à Fourques (Gard), commune voisine d’Arles, suscite une vive contestation. Dans un communiqué commun, plusieurs associations environnementales dénoncent un aménagement « démesuré », « coûteux » et « inutile », et demandent son abandon. « Se lancer dans un projet non essentiel, aléatoire et aussi coûteux est un non-sens », écrivent-elles, fustigeant « une démesure et une gabegie d’argent public ».
Porté depuis plusieurs années par la communauté de communes Beaucaire Terre d’Argence et soutenu par la municipalité de Fourques, le projet, pensé pour « améliorer le cadre de vie, le développement économique, le rayonnement touristique et la préservation ainsi que la valorisation du patrimoine », a franchi une nouvelle étape à l’automne 2025 avec l’organisation d’une enquête publique préalable à la déclaration d’utilité publique. Celle-ci s’est tenue du 22 septembre au 23 octobre 2025. Le commissaire enquêteur a finalement rendu, le 18 novembre, un avis favorable au projet, assorti de deux réserves.
Une enquête publique critiquée
Une conclusion qui suscite l’incompréhension des associations. « Malgré seulement 19 % d’avis positifs et une participation très faible, le commissaire enquêteur a rendu un avis favorable », notent les associations. Sur les 58 contributions déposées, 34 se déclarent défavorables au projet, contre 11 favorables et 13 neutres.
Les associations dénoncent également « une information insuffisante » autour de l’enquête et regrettent qu’« aucune réunion publique n’ait été organisée », ce qui n’aurait pas permis, selon elles, « un véritable débat avec les habitants ».
Des doutes sur la viabilité et l’impact environnemental
Les opposants contestent aussi la solidité du dossier. « Le projet s’appuie essentiellement sur une étude de faisabilité datant de 2015 », soulignent-ils, estimant que « la faiblesse de l’étude technico-économique sur la viabilité et l’intérêt du projet a été relevée par plusieurs contributeurs ».
Ils rappellent par ailleurs que le nombre de vignettes plaisance délivrées par Voies navigables de France a diminué de 18 % entre 2019 et 2024. « Cette tendance contredit l’idée d’un besoin croissant d’infrastructures portuaires », affirment-ils, alors que le futur port prévoit 314 anneaux, pour un investissement évalué à 11,5 millions d’euros.
Les associations signataires
Cinq associations « environnementales et citoyennes » ont signé le texte. Il s’agit de France Nature Environnement (Occitanie-Méditerranée et Bouches-du-Rhône), les Flamants roses du Trébon, Nacicca (Nature et Citoyenneté Crau Camargue Alpilles), GNSA (Groupe national de surveillance des arbres – Nîmes) et « Changeons d’avenir ». Le mouvement écologiste radical Extinction Rebellion est également signataire du texte.
Les associations pointent également les impacts écologiques du projet, qui entraînerait la destruction d’environ 1 500 m² de ripisylve. « Ces formations végétales jouent un rôle essentiel pour la biodiversité et la qualité de l’eau », rappellent-elles, ajoutant que le projet « va à l’encontre des objectifs du programme Natura 2000 du Petit Rhône ».
Estimant le projet « déconnecté des besoins du territoire », les opposants préviennent qu’ils « étudieront toutes les voies de recours possibles » pour tenter d’empêcher sa réalisation.
Document source : le communiqué de presse des associations
Lien utile :
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