A l’heure où l’électrification de l’économie au rang de grande cause nationale avec le discours de Sébastien Lecornu, le Premier ministre tenu vendredi 10 avril, l’inauguration des installations du port de Marseille pour le raccordement électriques des bateaux de croisières tombe à point nommé. Réunis ce samedi matin, sous un soleil radieux et une affluence de croisiéristes impressionnantes avec quatre méga paquebots amarrés, les décideurs non pas boudés leur plaisir dans le grand hall du Terminal de croisières. En présence de Philippe Tabarot, ministre des Transports et de Sabrina Agresti-Roubache, ministre déléguée à la formation, le port de Marseille Fos a inauguré ses installations capables de connecter simultanément trois grands navires de croisière, une prouesse technique inédite.

« Après une phase de tests conduite depuis fin 2025, Marseille Fos est désormais l’un des tout premiers ports d’Europe et de Méditerranée capable d’assurer une telle performance, avec une puissance électrique totale atteignant 108 MW. Déployée dans le cadre du dispositif Connexion électrique des navires à quai (Cenaq) – Escale zéro fumée, cette avancée technique majeure permet désormais de brancher jusqu’à trois grands navires de croisière simultanément en 60Hz, dont les besoins énergétiques peuvent atteindre 16 MW par unité – l’équivalent de la consommation d’une ville de 13 000 habitants –, et de couper leurs moteurs thermiques pendant toute la durée de leur escale » souligne le Port.
Grâce à des centrales photovoltaïques installées sur plusieurs hangars portuaires et à Enedis, l’électricité fournie par le Port de Marseille Fos est 100 % d’origine renouvelable. Avec Cenaq – Escale zéro fumée, le Port est pionnier et en avance de quatre ans sur la réglementation qui impose que 90 % des escales de navires de passagers et de porte-conteneurs puissent utiliser l’électricité à quai à l’horizon 2030. Dès 2017, le port de Marseille Fos avait été le premier port français à proposer le branchement en haute tension en 50Hz pour les ferries desservant la Corse. Le dispositif a ensuite été déployé vers les liaisons internationales du Maghreb, avant de franchir cette étape opérationnelle ce samedi 11 avril avec la connexion de trois grands navires de croisière en simultané. « Le branchement électrique des navires de croisière constitue l’un des volets les plus complexes du dispositif. Il a nécessité plus de deux ans de travaux, le renforcement du réseau électrique portuaire, la création d’un poste Enedis de 40 MW, l’installation de convertisseurs de fréquence ainsi que la mise en place de systèmes mobiles de connexion spécifiquement conçus pour ces navires » souligne le Grand port maritime de Marseille.
En 2024, une étude réalisée par le Pôle Mer Méditerranée et le Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa), a démontré que l’électrification des quais contribue à des baisses des émissions des navires de dioxyde de soufre (-80 %), de particules fines (-75 %) et d’oxyde d’azote (-60 %) entre 2022 et 2035 à Marseille et Fos-sur-Mer.
200 millions d’investissements
Le Port aura engagé près de 200 millions d’euros d’investissements dans les Bassins Est, financés à plus de 50% par un partenariat entre l’ensemble des acteurs institutionnels du territoire. Le rôle moteur de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, avec une politique publique ambitieuse et une contribution financière déterminante, le soutien du département des Bouches-du-Rhône et de la Métropole d’Aix-Marseille-Provence et la contribution et l’exigence de la Ville de Marseille ont permis le branchement à quai de trois navires pour la première fois en Méditerranée. Les matériels et équipements électriques mis en œuvre sont à 90% issus de l’industrie française. Le reste est de fabrication européenne. Les partenaires techniques du GPMM, ENEDIS, les entreprises regroupées autour de Bouygues Energie et le Bureau d’Etude Artélia ont su relever les défis et ont répondu présent pour cette belle réalisation.
« Permettre le branchement électrique des navires de croisière constitue une véritable prouesse technique, rendue possible par l’expertise et l’engagement des équipes du port de Marseille Fos. Avec cette nouvelle étape, le Port confirme sa position de pionnier de l’électrification à quai, toujours avec un temps d’avance sur la réglementation. Je veux saluer l’ensemble des partenaires institutionnels ainsi que les compagnies qui ont joué le jeu et accompagné ce projet structurant. Cet investissement majeur est essentiel pour le territoire, il permet de concilier attractivité portuaire, performance environnementale et amélioration durable de la qualité de l’air » a notamment déclaré Christophe Castaner, président du conseil de surveillance du port de Marseille Fos.
Philippe Tabarot : « l’ambition affichée par la nouvelle Charte Croisières Durables en Méditerranée »
« Au lendemain des annonces du Premier ministre pour accélérer l’électrification dans notre pays, l’inauguration aujourd’hui au Grand Port Maritime de Marseille de ce branchement électrique pour les navires de croisière à quai illustre la pertinence de s’appuyer davantage sur notre production électrique nationale : pour améliorer la qualité de vie des habitants, pour limiter l’empreinte carbone du transport maritime, pour renforcer notre souveraineté. Ce projet d’envergure, dans lequel l’État investit plus de 50 millions d’euros, s’inscrit dans l’ambition affichée par la nouvelle Charte Croisières Durables en Méditerranée, que j’ai signée à Nice en juin 2025 (durant l’Unoc, ndlr) pour soutenir un tourisme plus durable » déclare de son côté Philippe Tabarot, le ministre des Transports
« Le port, c’est notre histoire et notre avenir ! Pour la santé des Marseillais, un port sans fumée et un tourisme plus durable, nous connectons les navires de croisière à quai. Une première en Méditerranée » se félicite pour sa part Renaud Muselier, président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur alors que la Région Sud avait lancé en 2019, le plan Escales Zéro Fumée précurseur de la réglementation européenne Afir (Règlement sur les infrastructures de carburants alternatifs, ndlr), publiée en 2023, qui impose d’ici 2030 la connexion électrique des navires dans les ports. Plus de 36,5 millions d’euros ont été mobilisés par la Région pour transformer les ports régionaux.
Martine Vassal, présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône (représentée par Didier Réault, VP du Département) citée dans le communiqué du Port fait également part de sa réaction : « Agir, transformer, accélérer : le Département des Bouches-du-Rhône est au rendez-vous. Notre priorité est simple : les énergies vertes. Pour mieux respirer, lutter contre le changement climatique et gagner en indépendance énergétique. Dès 2018, nous avons frappé fort : 9 millions d’euros investis pour électrifier les quais du port de Marseille Fos. Un choix concret, utile, efficace. Et nous allons plus loin : rénovation thermique, mobilités douces, solutions durables pour le quotidien des Provençaux. Un cap, des actes, des résultats. Le Département est et restera aux côtés de ceux qui innovent et construisent l’avenir. »
Nicolas Isnard : « La Métropole apportera naturellement son soutien à la deuxième phase »
Nicolas Isnard, le nouveau président de la Métropole qui effectuait sa première sortie protocolaire depuis son élection salue également la mise place du nouveau dispositif : « A la veille de l’ouverture de la saison touristique, nous ne pouvons que saluer cette avancée majeure qui en appelle d’autres. La métropole apportera naturellement son soutien à la deuxième phase de ce programme ambitieux en cofinançant l’électrification de la filière marchandise et de la réparation navale. »
Le maire de Marseille Benoît Payan, représenté le député PS des Bouches-du-Rhône, Laurent Lhadit, a également fait part de sa satisfaction :« Marseille est une capitale méditerranéenne qui s’est construite par la mer et grâce à son statut de place portuaire majeure de la Méditerranée. Aujourd’hui, Marseille est devenue une destination touristique incontournable qui rayonne dans le monde entier, ce qui permet à l’écosystème économique local de bénéficier d’un dynamisme de plus en plus important. La Ville de Marseille attache cependant une grande importance à l’exigence d’un tourisme respectueux de l’environnement et de la biodiversité locale, ainsi que de la qualité de l’air et de la qualité de vie des habitantes et habitants. Nous nous réjouissons que Marseille puisse montrer une fois de plus qu’elle est une pionnière en avançant vers une forme de tourisme plus propre et plus durable avec ces nouvelles installations dans son port. »
Laurent Lhardit lors de sa prise de parole a complété la vision du maire (la Ville de Marseille avait lancé une pétition contre la pollution maritime) en soulignant la nécessité de « réguler la massification» du tourisme des croisières, passé de 62000 croisiéristes en 1996 à une prévision 2026, vingt ans plus tard, de trois millions.

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