Cette semaine, le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est déplacé en personne sur notre territoire dans le cadre des épisodes de fortes canicules pour présider la cellule interministérielle de crise. Si sa venue démontre l’importance du sujet pour le gouvernement, elle occupe tous les esprits depuis dix jours déjà, tant l’épisode de hautes températures et ses conséquences touchent notre région et s’imposent désormais comme une réalité durable.
Mais cet épisode met également les pouvoirs publics face à une problématique à la fois conjoncturelle et structurelle. Comment mettre à l’agenda la gestion des risques et des crises dans un contexte de crise budgétaire majeure ? D’ailleurs, dans ce contexte, plusieurs frondes sont en préparation dans différentes régions.
Aller au-delà des risques
Pourquoi l’anticipation et la gestion des risques et crises futures est-elle devenue un incontournable des maires ? Parce que dans un contexte de problématiques aussi diverses que majeures de rénovation, de polarisation politique, de baisses de dotation, de pression climatique, de sentiment d’insécurité, de pression sur le logement et l’urbanisation, les collectivités sont placées en première ligne.

Elles doivent pourtant répondre à de véritables menaces réelles et palpables, qui s’inscrivent dans le temps et font grimper une colère sociale. C’est justement la capacité des élu.e.s à gérer ces crises qui met aussi les nouvelles municipalités à l’épreuve, à la suite des élections municipales de mars et de l’installation des nouveaux conseils municipaux.
Au-delà des thématiques des politiques publiques déjà évoquées, les collectivités sont également en première ligne vis-à-vis des risques contemporains émergents en matière de crise de l’information, d’utilisation de l’intelligence artificielle ou encore de cybersécurité. Ces épisodes de chaleur, comme la multiplicité des risques auxquels sont exposés les pouvoirs publics, permettent bien d’en prendre désormais pleinement conscience. Les crises sont hybrides et ne sont plus des événements isolés.
Plusieurs maires l’ont d’ailleurs évoqué dans leur premier conseil municipal. Les élu.e.s doivent se former pour se doter d’une approche structurée, développer une véritable culture de crise solide et durable, rendre lisibles les politiques locales et protéger les citoyens comme nos territoires.
Une condition de confiance démocratique locale
Il convient alors de dépasser une logique de gestion ponctuelle des crises pour comprendre que les menaces de demain s’inscrivent dans le temps long. Les choix de coupes budgétaires sont politiques, comme les choix d’investissement.
Dès lors, le politique doit s’en emparer pour construire une véritable politique publique des crises qui s’imposent maintenant comme un enjeu majeur de demain.
C’est aussi une condition de confiance démocratique locale, concrète et durable.
Virginie Tisserant
Directrice du cabinet Elisk
Docteure en histoire politique et consultante scientifique en analyse du risque politique
Attaché à la vitalité du débat local, Gomet’ Media donne régulièrement la parole à des contributeurs extérieurs pour des points de vue, chroniques et autres tribunes. Proposez-nous vos contributions à contact@gomet.net



![[Agenda] Aix-Marseille Provence : que faire ce week-end du 3 au 5 juillet 2026 ?](https://gomet.net/wp-content/uploads/2026/07/agenda-we-14-120x86.png)










