La Ville de Marseille a retiré une trentaine de boîtes à clés installées sur le mobilier urbain, mercredi 22 juillet, place Joseph-Étienne (7e) située au début de la rue d’Endoume, en présence d’Audrey Garino (adjointe au maire en charge du logement) et de Sophie Camard (maire du 1er et 7e arrondissement). Une opération symbolique qui s’inscrit dans une stratégie plus large de régulation des meublés de tourisme, alors que la municipalité revendique une baisse de 18 % des annonces entre 2024 et 2025.

Une trentaine de boîtes à clés retirées dans le 7e arrondissement
Munie d’une pince coupante, l’adjointe au maire en charge du logement, de l’hébergement et de la lutte contre l’habitat indigne, Audrey Garino, a participé ce mercredi matin à une nouvelle opération d’enlèvement de boîtes à clés accrochées à l’espace public, aux côtés de la maire des 1er et 7e arrondissements, Sophie Camard.
Une trentaine de boîtes à clés ont ainsi été cisaillées place Joseph-Étienne, dans un quartier particulièrement concerné par les locations touristiques de courte durée.
« Aujourd’hui, on vient couper des cadenas. Ça peut paraître anecdotique, mais ça ne l’est pas. La multiplication de ces cadenas sur l’espace public est parfaitement interdite », rappelle Audrey Garino. « On a mené de nombreuses opérations, mais aujourd’hui on recommence parce que c’est sans fin. Il s’agit de rappeler à chacun la réglementation très forte qu’il y a à Marseille, notre intransigeance à la faire respecter, au profit évidemment du logement de l’ensemble des Marseillais. »

L’élue insiste sur le caractère illégal de ces installations : « L’espace public appartient à tout le monde, il n’est pas marchand. Il n’y a donc aucune possibilité d’y poser des cadenas. » En revanche, les boîtes à clés peuvent être installées sur un espace privé, à condition que la location soit déclarée et conforme à la réglementation.

Une baisse revendiquée des meublés touristiques à Marseille
Au-delà de l’aspect symbolique, la municipalité voit dans ces opérations l’illustration de sa politique de régulation des locations saisonnières.
« Nous avons une réglementation très dure, puisque nous sommes au maximum de ce que la loi prévoit en termes d’encadrement et de contrôle », souligne Audrey Garino. Depuis mars-avril 2025, les résidences secondaires transformées en meublés touristiques sont notamment soumises à une obligation de compensation : tout logement retiré du marché locatif classique doit être compensé par la remise sur le marché d’un autre logement.

La Ville affirme que ces mesures commencent à produire leurs effets. Après une hausse de 74 % des offres de meublés de tourisme entre 2020 et 2023, leur nombre serait passé de 12 937 logements fin 2024 à un peu moins de 11 000 fin 2025, soit une baisse de 18 % sur l’ensemble de Marseille et de 22 % pour les résidences secondaires, principale cible de la politique municipale.
Les données présentées ce mercredi montrent également une diminution dans le 7e arrondissement : le nombre de meublés de tourisme y a reculé de 16 % entre 2024 et 2025. Cette baisse est observée dans deux des trois secteurs suivis, tandis que Samatan reste quasiment stable (-1,4 %).
« L’idée, c’est d’encadrer, de réguler autant que l’on peut et de remettre ces logements sur le marché », insiste Audrey Garino. Elle cite notamment plusieurs procédures judiciaires engagées contre des multipropriétaires, qui ont permis « la remise en location de 18 logements qui avaient été transformés en 34 meublés de tourisme ».

Une action appelée à se poursuivre
Pour Sophie Camard, cette troisième opération à laquelle elle participe témoigne d’une politique désormais installée dans la durée. « Le cadenas est un geste symbolique, mais il incarne aussi certaines nuisances pour les habitants. Ce n’est pas uniquement pour se faire plaisir sur la réglementation. »
L’élue rappelle que les précédentes campagnes avaient permis de retirer plusieurs dizaines de boîtes à clés et que la procédure est désormais mieux connue des propriétaires, certains retirant eux-mêmes leurs dispositifs après l’apposition d’un avertissement.

Alors que Marseille enregistre une forte fréquentation touristique, Sophie Camard défend la compatibilité entre attractivité et régulation : « On peut être ferme sur les locations touristiques et continuer à accueillir des touristes. Ça ne doit pas remettre en cause le droit au logement des habitants. »

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Pour plus d’informations sur la location des meublés touristiques à Marseille sur le site de la Ville














