La « guerre » des transats à La Ciotat est l’un des feuilletons de l’été en Provence. Un nouveau rebondissement dans le dossier sensible de l’occupation de la Grande Plage est intervenu ce lundi 24 août. Le juge des référés du tribunal administratif de Marseille a ordonné lundi 24 août aux sociétés exploitant des activités de location de transats sur le domaine public maritime de libérer les lieux et d’enlever l’ensemble de leurs installations dans un délai de deux jours, sous peine d’une astreinte de 10 000 euros par jour de retard.
Dans un communiqué diffusé lundi 24 août, la préfecture des Bouches-du-Rhône indique que la juridiction administrative a fait droit à la demande de l’État, estimant que les entreprises concernées occupaient sans titre le domaine public maritime de la Grande Plage de La Ciotat.
Selon la préfecture, les autorisations d’occupation temporaire dont bénéficiaient les exploitants pour la location de transats sont arrivées à échéance le 31 décembre 2025 et n’ont pas été renouvelées. La poursuite de l’activité commerciale est dès lors considérée comme irrégulière.
« En proposant des services ou vendant des produits qui utilisent de manière irrégulière le domaine public de l’État, comme la location payante de transats, ces sociétés empêchent les usagers de la plage, les familles notamment, de s’y installer librement », souligne le représentant de l’État.
Un conflit ancien autour du statut de la plage
Cette décision judiciaire s’inscrit dans un contentieux plus large opposant depuis plusieurs années les exploitants historiques du secteur aux services de l’État.
En août 2025, le préfet des Bouches-du-Rhône avait procédé à une nouvelle délimitation du domaine public maritime au niveau de l’esplanade Henri-Langlois et du secteur de la Grande Plage. Cette décision avait entraîné l’intégration de plusieurs emprises jusqu’alors revendiquées par des acteurs privés dans le domaine public maritime naturel. Les sociétés concernées avaient contesté cette délimitation devant la justice administrative, sans obtenir la suspension de l’arrêté préfectoral.

L’année 2026 a ensuite été marquée par une série de procédures. Dès avril, les exploitants avaient été mis en demeure par la Direction départementale des territoires et de la mer de mettre fin à leurs activités commerciales. En juin, une opération menée par les services de l’État et les forces de l’ordre avait conduit à la saisie de matériel utilisé pour l’activité de plagiste. Les recours engagés contre ces mesures ont été rejetés par le tribunal administratif.
Exploitants de transats : des recours successifs rejetés
Les sociétés Transat et La Grande Plage avaient également demandé en juillet dernier la suspension de la décision de la commune de La Ciotat refusant de leur accorder une nouvelle autorisation d’occupation du domaine public maritime. Le juge des référés a rejeté cette requête le 5 août, considérant qu’aucun élément ne justifiait la suspension de la décision municipale. La nouvelle ordonnance obtenue par le préfet constitue ainsi une étape supplémentaire dans l’exécution des décisions administratives et judiciaires intervenues depuis plus d’un an dans ce dossier.
Au-delà du seul cas ciotaden, l’affaire illustre les tensions récurrentes autour de l’occupation commerciale des plages du littoral méditerranéen. Le droit français prévoit que toute occupation privative du domaine public maritime doit être expressément autorisée et donner lieu à une redevance. En l’absence de titre, l’occupation est considérée comme irrégulière et peut faire l’objet de mesures d’expulsion ou d’évacuation.
Pour l’État, l’enjeu est également celui du libre accès aux plages et de la préservation de l’usage collectif du domaine public maritime. Les exploitants concernés disposent encore de voies de recours sur le fond, mais l’ordonnance de référé est exécutoire immédiatement.
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