Dans son enquête sur l’accès des entreprises au crédit publiée en juillet 2026, la Banque de France constate que 96 % des PME ayant demandé un crédit d’investissement en obtiennent l’essentiel, mais que la perception d’un coût plus élevé de l’emprunt se renforce.
Les PME françaises obtiennent toujours leurs crédits, mais elles les paient plus cher. Selon l’enquête trimestrielle de la Banque de France, 20 % d’entre elles ont sollicité un nouveau crédit d’investissement au deuxième trimestre 2026, contre 19 % au trimestre précédent. Parmi elles, 96 % ont obtenu la totalité du montant demandé ou plus des trois quarts. Le robinet bancaire reste ouvert, mais le prix de l’eau change.
Des crédits accordés, un coût qui s’installe dans les esprits
Les besoins de financement de court terme demeurent limités : seules 6 % des PME ont demandé un nouveau crédit de trésorerie au deuxième trimestre. Celles qui l’ont fait l’ont obtenu dans 83 % des cas, contre 82 % au trimestre précédent. Par ailleurs, 56 % des PME disposant d’une ligne de crédit l’ont mobilisée au cours de la période, en hausse par rapport au premier trimestre.
Le signal d’alerte vient d’un autre indicateur, celui du coût. Au premier trimestre 2026, 72 % des PME jugeaient encore le coût global du crédit stable. Trois mois plus tard, la perception d’une hausse se renforce légèrement, et seules 6 % des PME et 7 % des entreprises de taille intermédiaire déclarent observer une baisse. Le basculement est progressif, mais il est net : les dirigeants ressentent le renchérissement avant qu’il ne se traduise dans les taux d’obtention.
Frais, commissions, garanties : l’alerte de la BCE
Ce ressenti trouve un écho au niveau européen. L’enquête SAFE de la Banque centrale européenne, publiée le 27 avril 2026, fait état d’une hausse nette des taux d’intérêt sur les prêts bancaires déclarée par 26 % des entreprises de la zone euro au premier trimestre, contre 12 % au trimestre précédent. Elle relève aussi une augmentation des frais annexes, des commissions et des exigences de garanties, ainsi qu’une dégradation de la disponibilité des prêts.
Ces chiffres concernent l’ensemble de la zone euro et non la seule France. Ils ont toutefois suffisamment inquiété pour nourrir une question écrite au ministre de l’Économie, déposée le 12 mai 2026 par le député du Pas-de-Calais Thierry Frappé (Rassemblement national) sur le durcissement de l’accès au financement bancaire des entreprises. Côté français, le taux moyen des nouveaux crédits aux PME s’établissait à 3,51 % fin décembre 2025, selon la Banque de France. Il progressait par rapport à novembre, alors qu’il avait reculé sur l’ensemble de l’année 2025.
Comparer les offres plutôt que subir la première proposition
Dans ce contexte, comparer les offres devient un réflexe de gestion plutôt qu’une précaution. Un dirigeant qui ne frappe qu’à la porte de sa banque historique s’expose à une proposition unique, sur laquelle il dispose de peu de leviers. Faire appel à un courtier spécialisé en crédit permet de mettre plusieurs établissements en concurrence, de structurer le dossier de financement et de négocier non seulement le taux, mais aussi les frais annexes et les garanties demandées, soit les postes que l’enquête européenne décrit comme en hausse.
Pour situer son projet, le dirigeant peut aussi consulter les enquêtes de la Banque de France, qui détaillent chaque trimestre les taux d’obtention et la perception du coût du crédit selon la taille des entreprises.
Face à des banques plus regardantes, un dossier solide reste la meilleure réponse : plan de financement chiffré, prévisions de trésorerie réalistes, visibilité sur le carnet de commandes. Le courtier peut en faciliter la préparation, mais il ne remplace ni la solidité du projet ni la transparence sur la situation de l’entreprise.
Prochain rendez-vous : l’enquête de la Banque de France sur le troisième trimestre, qui dira si le coût du crédit, jusqu’ici surtout ressenti, se lit désormais dans les conditions accordées.















