Réunis jeudi 23 octobre à l’occasion du 7ᵉ Club de la Conjoncture Provence-Alpes-Côte d’Azur, les acteurs économiques régionaux ont dressé un bilan contrasté de la situation économique de la région, marqué par une résilience remarquable, mais aussi par des inquiétudes persistantes face à l’avenir.
Avec un chiffre d’affaires (329 milliards d’euros sur 12 mois glissants selon les déclarations de TVA au 30 septembre) en hausse de 5,7 % sur un an (contre +0,9 % au niveau national) et un recul des défaillances d’entreprises de 2,4 %, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur se distingue comme l’une des plus dynamiques de France, aux côtés de la Bretagne et de l’Occitanie.
Les secteurs des transports, de l’hébergement et des cafés-hôtels-restaurants enregistrent même une baisse significative des défaillances, tandis que les recrutements progressent de 2,9 %, portés notamment par les embauches en CDI chez les moins de 25 ans. Le taux d’accès à l’emploi atteint 38,1 %, soit 1,6 point au-dessus de la moyenne nationale, avec un chômage stable à 8 %.

Pourtant, malgré ces indicateurs encourageants, les chefs d’entreprise restent prudents. Selon la CCI Paca, 60 % d’entre eux reportent leurs investissements et 48 % freinent leurs embauches, en raison d’une confiance en berne : seulement 33,2 % croient en l’économie locale, contre 41 % il y a quelques mois. L’instabilité politique et le manque de visibilité pèsent sur le moral des entrepreneurs, notamment dans l’artisanat : 39 % des artisans interrogés en septembre par la Chambre des métiers et de l’artisanat (CMA) ont confié qu’ils attendaient une baisse d’activité au 1er semestre 2025 : neuf points de plus en deux ans.
Baisse de l’apprentissage de 6,7 %
L’apprentissage recule également de -6,7 % dans ces entreprises, un signal préoccupant pour la transmission des savoir-faire. « Malgré la vitalité relative du tissu agricole régional (viticulture, élevage ovin, oléiculture…), la Chambre d’Agriculture confirme que le moral des exploitants est en berne, faute de visibilité à long terme et suite aux récentes difficultés à l’export… »
Daniel Margot, président par intérim de la CCI régionale, insiste sur l’importance du pacte Dutreil pour la transmission familiale des entreprises : « Ce pacte permet de maintenir l’activité en place, notamment sur les territoires ruraux. » Yannick Mazette, président de la CMA régionale, évoque quant à lui la création d’un pool financier régional pour sécuriser les repreneurs d’entreprise. C’est un défi majeur : la transmission des entreprises. D’ici 10 ans, 54 000 entreprises régionales seront à céder, représentant 25 000 emplois.
Menaces de coupes sombres dans les budgets des chambres
Enfin, les acteurs économiques s’inquiètent des coupes budgétaires prévues dans le Projet de Loi de Finances 2026, qui pourraient fragiliser l’accompagnement des entrepreneurs et des jeunes porteurs de projets. Les deux chambres consulaires CCI et CMA s’inquiètent : les coupes budgétaires nuiraient non seulement à l’emploi au sein de ces réseaux de proximité, mais aussi aux entrepreneurs, aux jeunes, aux porteurs de projet accompagnés.
Quant à la question d’imposer une fusion CCI/CMA, les deux présidents « préfèrent parler de mutualisations et rappellent qu’ils n’ont pas attendu 2025 pour travailler à des rapprochements cohérents et efficients. »











