Ce ne fut pas un long fleuve tranquille, mais cela valait le coup de se battre, raconte Renaud Muselier, le président de la Région, lors de la signature ce lundi 3 novembre, à Marseille, en Préfecture, du tant attendu volet transport du Contrat de plan Etat-Région (2021-2027). Le montant global des investissements, financés essentiellement par l’Etat et la Région, avec des compléments d’autres institutions comme le Département et la Métropole, atteint 1,8 milliard d’ueros (à comparer à 1,5 milliard annoncé précédemment sur 2023-2027).
Très disert, le président (Renaissance) du Conseil régional relate les années de négociations avec l’Etat au gré des Premiers ministres (six au total, de Jean Castex à Sébastien Lecornu) et des quatre ministres des Transports successifs, de Clément Beaune à Philippe Tabarot.
Le coup d’accélérateur des Jeux olympiques d’hiver 2030
Car depuis le lancement du Contrat de plan Etat-Région, une donnée nouvelle est venue encombrer, ralentir puis finalement booster les ambitions du volet mobilité. La candidature de la Région Sud en 2022 pour l’organisation des Jeux olympiques d’hiver puis l’obtention par les Alpes françaises (alliance avec la région Auvergne-Rhône-Alpes) des JOP 2030 a en effet changé la donne et le regard de l’Etat sur les projets régionaux. Et si les Alpes bénéficient d’une manne inespérée, d’autres territoires profitent par ricochet des bonnes fées étatiques. Renaud Muselier remercie au passage Emmanuel Macron qui n’a jamais fait défaut pour soutenir les projets dans la région, citant la candidature aux JO d’hiver 2030 comme le plan Marseille en grand.
Les Alpes du Sud profitent donc à plein du jackpot olympique avec de nombreux projets, pour un montant total de 532 millions d’euros. Cela inclut la modernisation de la ligne Marseille–Briançon et la rénovation des gares et sécurisation des grands axes routiers, afin de faire face à la hausse attendue de la demande en matière de transports lors des Jeux d’hiver 2030 et de permettre un désenclavement durable du territoire.

Fluidifier la ZIP de Fos
Mais pour ne pas rendre l’horizon olympique impopulaire dans les vallées, il ne fallait pas déshabiller le reste de la région, en particulier les Bouches-du-Rhône, à la croisée des chemins face au défi majeur de la transformation du poumon industriel régional : la zone industrielle et portuaire de Fos. Les acteurs économiques sont d’ailleurs bien présents dans les salons d’honneur de la préfecture (notamment Philippe Korcia pour l’UPE 13, Pascal Kuhn pour l’UIMM, Jean-Michel Diaz pour le GMIF).

Tout comme les maires des territoires concernés. Frédéric Vigouroux (Miramas), Gaby Charroux (Martigues), Martial Alvarez (Port-Saint-Louis-du-Rhône) et bien sûr le maire de Fos, René Raimondi, tous se félicitent largement du contrat signé par les autorités. Philippe Tabarot, le ministre des transports (ancien vice-président de la Région Sud, en charge justement des transports) a fait le déplacement. Georges-François Leclerc, le préfet de région, en partance pour l’Elysée, est largement félicité pour son rôle moteur dans la dernière ligne droite par Martine Vassal, la présidente de la Métropole et du Département et Renaud Muselier. Et qu’importe s’il a fallu patienter de longues années (50 ans pour le contournement de Martigues – Port-de-Bouc !). Le magot est enfin là.
L’amélioration de la desserte routière de la Zone industrialo-portuaire de Fos et de l’Étang de Berre bénéficie de 210 millions d’euros, à travers le contournement de Martigues – Port-de-Bouc et la liaison Fos-Salon. Martine Vassal rappelle avec justesse que « la concertation sur la zone industrialo-portuaire de Fos–Étang de Berre a révélé attentes, inquiétudes et propositions des acteurs du territoire » et se félicite que face aux défis de mobilité et de qualité de vie, des réponses concrètes soient engagées. Et d’ajouter : « Cette signature démontre que la coopération entre collectivités fait avancer le territoire ». Le département des Bouches-du-Rhône dans son ensemble est plutôt bien servi et capte la moitié des investissements prévus dans le CPER avec près de 900 millions d’euros de projets sur le total de 1,8 milliard.

Parmi les opérations prioritaires rendues possibles par le CPER 2021-2027 dans les Bouches-du-Rhône, les signataires mettent en avant :
• La régénération de la ligne de la Côte Bleue
• La création du Pôle d’échanges multimodal d’Arles
• La régénération de la branche d’Aix de la ligne des Alpes
• Le développement du fret ferroviaire à Fos, Arles et Miramas
• La poursuite du plan Escales Zéro Fumée à Marseille-Fos
• La création d’une filière éolienne off-shore.
« Cet avenant constitue un investissement sans précédent pour les transports dans notre région. Il vient officialiser les différents accords et engagements pris afin de soutenir la Région face aux investissements nécessaires dans les infrastructures de transport, tant pour l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver 2030 que pour l’amélioration de la desserte de la zone de Fos, indispensable à sa compétitivité. L’État est au rendez-vous, aux côtés de la Région et de l’ensemble des collectivités et opérateurs engagés pour poursuivre la transformation et doter la région Sud d’infrastructures de transport à la hauteur de ses enjeux », déclare Philippe Tabarot, ministre des transports.
Il reste désormais à exécuter le beau programme en votant les budgets du pays, ce qui, dans le contexte général actuel, demeure une course semée d’obstacles. Mais la réussite des JOP-2030 est un impératif national. De quoi ruisseler jusqu’au littoral.
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