Julien Coffinier, le président du directoire d’Aéroport Marseille Provence, a accordé une interview exclusive à Gomet’ lundi 5 janvier. Le dirigeant, qui boucle son premier exercice complet à la tête de la deuxième plateforme aéroportuaire régionale française, fait le point sur les résultats 2025 et détaille les différents projets et investissements programmés jusqu’au tournant de la prochaine décennie.
Un grand entretien que nous publions tout au long de la semaine en sept volets. Après un focus hier sur la transformation du terminal 2 dédié aux compagnies low cost, nous abordons aujourd’hui la stratégie sur le long-courrier.
Est-ce que cela veut dire que vous renoncer à augmenter la capacité d’AMP ?
Julien Coffinier : Nous n’en avons pas besoin. Il y a assez de place. Une fois que l’on aura réalisé les travaux sur le T2, on pourra continuer de grandir sans grossir de manière significative jusqu’à un peu au-delà de 2035 je pense.
Vous abandonnez les projets de nouvelles lignes ?
Julien Coffinier : Non, ce n’est pas ce que je dis. Aujourd’hui, on peut accueillir du long courrier et pour le faire dans de bonnes conditions, il faut libérer de la place au terminal 1 vers le terminal 2. Et pour que ce transfert ne se fasse pas au large avec une navette en bus, il faut augmenter la capacité du terminal 2 en tant que tel en réduisant les postes de stationnements au large.
Et sur les projets moyen et long-courriers, quelles sont les priorités ?
Julien Coffinier : Nous nous sommes donnés comme objectif d’avoir cinq nouvelles destinations, long-courriers d’ici 2030.
Quelle est la géographie des destinations ?
Julien Coffinier : Aujourd’hui, il faut se féliciter d’avoir Shanghaï. AMP est le seul aéroport en région en France à avoir une destination en direct sur la Chine. Nice n’en a pas.

La priorité, ce sont les États-Unis. Ensuite il faudra voir comment on peut davantage travailler sur l’Afrique et continuer à faire grossir nos destinations vers ce continent. Nous sommes déjà sur Addis Abeba, sur Dakar. On a un territoire qui a besoin de ces destinations. Il y a ensuite le Moyen-Orient. Nous sommes très heureux de travailler avec Turkish Airlines, mais aujourd’hui nous n’avons pas de ligne directe avec le Golfe. Je pense qu’est très important de pouvoir travailler avec l’une des trois compagnies, Etihad Aiways, Qatar Airlines Qatar et Emirates Airlines. Et donc il y a de la place pour Marseille sur cette destination.
Et enfin, il faut continuer à travailler l’Asie, augmenter si l’on peut les fréquences sur la Chine Aujourd’hui, on a trois vols hebdomadaires par semaine mais pour les déplacements d’affaires c’est pas toujours suffisant. Si on pouvait à terme en avoir une liaison par jour, je pense que le territoire serait très heureux.
Vous espérez nouvelle ouverture en 2026 ?
Julien Coffinier : En général pour les ouvertures de lignes, nous n’avons pas d’informations plusieurs mois à l’avance. Ce sont des dossiers vraiment au long cours. Vous êtes informés quelques semaines seulement avant l’annonce officielle de la compagnie.
Et nous savons très bien qu’Emirates a un intérêt économique à ouvrir Marseille
Parce qu’il y a toujours les autorisations administratives à obtenir ?
Julien Coffinier : Sur certaines destinations comme les Etats-Unis, ce n’est pas nécessaire, sauf bien sûr la nécessité d’être immatriculé correctement. Parce qu’il y a ce qu’on appelle “l’Open Sky” entre les États-Unis et l’Europe. C’est-à-dire que n’importe quelle compagnie du monde légalement enregistrée peut faire toutes les liaisons qu’elle souhaite entre les États-Unis et l’Europe, sans avoir de droits de trafic à obtenir. Ce qui n’est pas le cas avec le Moyen-Orient où il faut des demandes d’autorisation auprès de l’aviation civile française ou du pays concerné pour pouvoir voler entre les deux pays. Et cette année, il y a le Québec qui s’ouvre.
Concernant le trafic vers le Moyen-Orient, notamment Dubaï, il y avait dans le passé des discussions. Est-ce qu’elles se poursuivent ?
Julien Coffinier : Il y a un nombre de droits de trafic limité entre la France et Dubaï. Nous savons qu’il y a des discussions entre les aviations civiles des deux pays. Nous ne pouvons pas interférer. C’est une décision de régulateur à régulateur, d’Etat à Etat. On ne peut que manifester l’intérêt de notre territoire pour avoir une route, avec des droits de trafic pour avoir Emirates sur Marseille. On continue à le dire. Et nous savons très bien qu’Emirates a un intérêt économique à ouvrir Marseille qui a un vrai potentiel de développement sur cette destination. Le “business case” est confirmé.
Demain la suite de notre entretien avec Julien Coffinier consacrée au projet d’immobilier tertiaire Aequatio
Liens utiles :
> L’actualité d’Aéroport Marseille Provence à lire sur Gomet’
> [Voyage] Dubaï, au centre du monde













