Julien Coffinier, le président du directoire d’Aéroport Marseille Provence, a accordé une interview exclusive à Gomet’ lundi 5 janvier. Le dirigeant, qui boucle son premier exercice complet à la tête de la deuxième plateforme aéroportuaire régionale française, fait le point sur les résultats 2025 et détaille les différents projets et investissements programmés jusqu’au tournant de la prochaine décennie.
Un grand entretien que nous publions tout au long de la semaine en sept volets. Après un focus lundi sur la transformation du terminal 2 dédié aux compagnies low cost, la stratégie sur le long-courrier mardi, le projet immobilier tertiaire Aequatio mercredi, les développements autour du hub énergétique jeudi, place aux autres aspects du plan d’investissements 2030.
Quel est le reste du plan d’investissement ?
Julien Coffinier : On a une cinquantaine de millions d’euros sur la qualité de service. Oui donc qualité de service pour les passagers, qualité de service aussi pour les partenaires de l’aéroport. Parmi ces derniers, il y a les loueurs. Nous avons un projet de “car rental center”, un espace en étage dédié à l’ensemble des bases arrière, et peut-être bases-avant, on ne sait pas encore, pour les loueurs. ces derniers y trouveraient tous leurs services techniques, sans avoir à occuper l’espace actuel éloigné et qui génère un trafic important et quotidien des “jockeys”. L’idée est d’avoir un site où tout est rassemblé : service de lavage, d’entretien, etc, avec éventuellement des mutualisations possibles. Et tout cela pour améliorer la qualité de prestation.
Une localisation a été identifiée pour ce projet ?
Julien Coffinier : Nous y réfléchissons encore. Cela ressemblerait à un parking silo.
Il y a encore de l’espace pour des parkings silo sur la zone ?
Julien Coffinier : Oui, surtout si vous enlevez tout l’espace actuel qui est complètement à plat et que vous le mettez ailleurs. On a un beau foncier. Plus on libère de l’espace de parkings à plat pour le mettre en silo, plus on libère de l’espace pour faire de l’immobilier et on joue à plein notre rôle d’aménageur du territoire.
Quels sont les autres volets du plan ?
Julien Coffinier : Nous voulons continuer à mettre en place des initiatives sur le thème du “sens of place”, vivre en Provence, être en Provence, dans le terminal 1 (animation, aménagement , décoration, confort, communication, ndlr) tel que dévoilé en 2024. On va continuer les projets d’immobilier pour les acteur du frêt. On pense souvent à la qualité de service pour les passagers, mais n’oublions pas celle pour tous ceux qui travaillent à l’aéroport, et donc le BtoB.
Nous avons également une vingtaine de millions d’euros sur des sujets de sûreté, le filtrage des bagages etc. On va devoir, d’après la réglementation d’ici 2030, déployer des équipements de scanning de dernière génération avec des vues en 3D qui permettront de laisser sur toutes ces machines scanners, vos liquides et vos équipements électroniques. C’est en train d’être petit à petit installé dans les aéroports en France parce que ça coûte extrêmement cher. Cela va fluidifier très fortement les files de la sûreté qui sont déjà d’un très bon niveau de satisfaction passager au T1 et au T2 quand on regarde nos notes ASQ.

Dans ce plan d’investissement, quel est le calendrier ? Quelles sont les priorités ?
Julien Coffinier : Il y a un calendrier de déploiement, mais tout est prioritaire car nous nous engageons vis-à-vis de l’Etat. On va signer ce qu’on appelle un contrat de régulation économique. C’est la première fois qu’Aéroport Marseille Provence signera un contrat de régulation économique. Cela nous engage sur cinq ans sur un certain nombre d’éléments. D’abord sur notre programme d’investissement que nous devons réaliser. Il faut savoir que les redevances aéronautiques qui sont facturées aux compagnies aériennes qui exploitent l’aéroport, et payées par le passager au travers de son billet d’avion, sont fixées par l’ART (l’Autorité de Régulation des Transports), sur proposition de l’aéroport chaque année.
Dans le cadre d’un contrat de régulation économique, leur trajectoire d’évolution est déterminée à l’avance sur 5 ans, ce qui nous nous sécurise avec une garantie de revenus qui permettent d’auto financer notre plan d’investissement.
En contrepartie de cet engagement sur les redevances du côté des compagnies aériennes, l’aéroport s’engage à délivrer un niveau de qualité de service. Et dans le cas particulier du contrat de régulation d’Aéroport Marseille Provence en euro constant, il ne devrait pas y avoir d’augmentation. On devrait être quasi stable sur les tarifs que paient les compagnies aériennes.
Ces 300 millions, vous les financez comment ?
Julien Coffinier : C’est de l’auto-financement complètement. Il y aura un tout petit peu de dette sur les projets immobilier évoqués précédemment.
Retrouvez lundi la suite de notre entretien avec Julien Coffinier avec le projet Kairos à l’ouest de l’aéroport
Lien utile :
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