Julien Coffinier, le président du directoire d’Aéroport Marseille Provence, a accordé une interview exclusive à Gomet’ lundi 5 janvier. Le dirigeant, qui boucle son premier exercice complet à la tête de la deuxième plateforme aéroportuaire régionale française, fait le point sur les résultats 2025 et détaille les différents projets et investissements programmés jusqu’au tournant de la prochaine décennie.
Un grand entretien que nous publions tout au long de la semaine en sept volets. Après un focus lundi sur la transformation du terminal 2 dédié aux compagnies low cost, la stratégie sur le long-courrier mardi, le projet immobilier tertiaire Aequatio mercredi, place aujourd’hui aux développements autour du hub énergétique d’AMP
Revenons sur les 300 autres millions d’euros du projet d’investissements d’AMP dici 2030. Comment sont-ils répartis ?
Julien Coffinier : C’est ce que nous portons en propre. Il faut rappeler que nous avons dépensé 350 millions sur les cinq dernières années. Les 300 millions d’euros, c’est sur les cinq prochaines années.
Sur ces 300 millions, la répartition est en gros de trois tiers : une partie sur de la rénovation de notre infrastructure, la maintenance “côté piste.” Il s’agit des “taxis ways”, des “taxis lane” (liaison entre le point de parking et la piste), des postes de stationnement, des passerelles qui sont toutes changées. Elles n’ avaient pas été changées depuis 30 ans. passerelles d’accord et les pistes.
Vous avez une partie, environ 60 millions sur le début des travaux du terminal 2 rénové. La queue d’investissement s’étendra sur 2030 – 2031. Nous investissons également 20 millions sur la partie décarbonation. Cela va de l’électrification des opérations au sol côté piste au photovoltaïque et aux bornes de recharge et à la végétalisation.
Cela concerne aussi la géothermie ?
Julien Coffinier : Non parce ce que ce n’est pas nous qui la porterons. Nous mettons simplement à disposition notre site sous forme d’AOT. Il y a aussi le réseau de chaleur urbain (RCU). Le principe de mettre en commun sur un périmètre géographique, le frigorifque et le calorifique. Et donc là c’est un projet porté par la Ville de Vitrolles dans lequel Airbus et nous, sommes réunis pour qu’on puisse mettre en commun et mutualiser l’ensemble afin de faire des économies d’échelle absolument incroyables et qui en termes de décarbonation, font énormément de sens.

Et c’est assez rare, je trouve de trouver un projet qui mêle du public comme nous et du privé comme Airbus, avec l’idée que, par exemple, notre centrale thermique (opérée par Engie, ndlr) puisse être mise à disposition de ce réseau de chaleur urbain. Oui la mutualisation doit permettre d’optimiser l’utilisation des installations. Et derrière, d’avoir plus de certitudes sur les coûts et une énergie qui est davantage décarbonée pour Vitrolles, Airbus et pour nous. Mais il n’y a pas encore d’opérateur sélectionné pour ce réseau de chaleur urbain.
Il faut devenir énergéticien pour diriger un aéroport !
Julien Coffinier : C’est un point très très important parce que l’une des ambitions de notre plan 2030 c’est d’être un hub énergétique même si c’est un peu abusé. Notre branchement au RCU géographique Vitrolles, Aéroport, Airbus, montre bien à quel point on est intégré dans le système de production d’énergie.Nos projets sur le photovoltaïque, à savoir pour nos besoins propres, 35 % en auto-production et à peu près l’équivalent réinjecter dans le réseau au bénéfice des riverains, même si est tout est fongible, cela montre bien que l’on cherche aussi être un hub énergétique.
Notre souhait est de promouvoir, faciliter le développement des projets, et d’initiatives de production de carburants d’aviation durable (Saf pour en anglais sustainable aviation fuel) et de faire en sorte qu’AMP, soit l’un des premiers bénéficiaires en terme de calendrier des unités de production qui sont autour de l’étang montre à quel point finalement on se transforme aussi en étant un distributeur, producteur, facilitateur d’énergie.
Il y a deux projets dans la zone : H4 Marseille Fos et le projet Néocarb, en parallèle du projet de TotalEnergies de biocarburants sachant que la réglementation européenne donne des obligations aux compagnies aériennes d’incorporation d’une part de Saf d’autre part d’e-Saf.
Vous avez annoncé un accord avec Tenergie pour la valorisation solaires des parkings. Quel est le montage ?
Julien Coffinier : Dans la déclinaison du projet, oui, il faudra une filiale dédiée. A ce stade, nous sommes en train de finaliser les dernières lignes de l’ensemble des contrats pour ensuite mettre en œuvre après le closing. Ils ont gagné l’appel d’offres cet été. Pour AMP l’investissement sera de quelques millions.
Concernant l’activité d’autoconsommation déjà en production, comment avez-vous géré ce projet ?
Julien Coffinier : Il y a eu un lot pour les trois parkings. L’opérateur est AMP avec une installation réalisée par Eiffage.
Demain la suite de notre entretien avec Julien Coffinier consacrée au contrat de régulation économique avec l’Etat
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