Deux associations phocéennes le Réseau Hospitalité et Marseille HospitalitéS organisaient du 27 au 29 mai dernier à Marseille des journées d’étude et d’échanges autour des pratiques des résistances qui émergent aux USA comme en Europe face à la xénophobie. Résistance originale par la pratique de l’accueil et de l’hospitalité. Nous donnons la parole, à travers cette tribune (*) à Jean-Pierre Cavalié, animateur du Réseau Hospitalité.
En 2026, nous célébrons l’histoire des mouvements sanctuaires et des réseaux d’hospitalité qui, depuis plus de 40 ans, défendent l’accueil et la protection des personnes exilées. Nés aux États-Unis dans les années 1980, développés au Royaume-Uni et en Europe, ces mouvements développent des pratiques locales d’accueil et affirment l’hospitalité comme un acte de solidarité et de résistance face aux politiques de rejet.
Des villes aux États-Unis, résistent ouvertement à la politique xénophobe et impitoyable de Donald Trump. On sait moins que la politique européenne, poussée par les extrêmes droites, tend à s’en rapprocher notamment avec le nouveau Pacte européen sur l’asile et la migration qui commence à s’imposer aux États membres.

Promouvoir l’hospitalité comme fondement de société
Dans ce contexte stressant pour les défenseurs et défenseuses des droits fondamentaux, des militants associatifs (1), organisaient une rencontre d’étude et d’échanges sur ces villes dites « sanctuaires » pour faire connaître, développer ici ce type d’attitude, et promouvoir l’hospitalité comme fondement de société.
Pour la rigueur de la démarche, ils et elles étaient accompagné(e)s par 14 universitaires et chercheures (2) notamment Hillary Sanders, maîtresse de conférences en études américaines, à l’Université de Toulouse Jean Jaurès ; Jacqueline Broadhead, directrice de Global Exchange on Migration and Diversity and Academic Champion for Policy Engagement, Université d’Oxford, Centre on Migration, Policy and Society ; Bénédicte Michalon, géographe, directrice de recherches au CNRS, Passages, sur les villes accueillantes en France ; Virginie Baby-Collin, géographe, Aix Marseille Université, TELEMMe, MIMED ; Adélie Chevée, politiste, enseignante à Sciences Po Paris, et chercheuse postdoctorante à Aix Marseille Université, Mesopolhis ; Achille Kallegis, directeur de recherche et pratique, The New School for Social Research, New York…
Les trois journées du 27 au 29 mai : de la découverte des organisations aux propositions d’actions
- La première part à la découverte d’organisations qui, à Marseille, vivent l’accueil des personnes venues d’ailleurs, et la résistance à la xénophobie, afin de dresser une fresque de l’hospitalité.
- La seconde donne la parole à des chercheurs ses et des spécialistes de ces mouvements, à l’international (États-Unis, Angleterre, Italie, Union Européenne) et en France avec, notamment, la participation de l’Association Nationale des Villes et Territoires Accueillants.
- La troisième commence par trois ateliers thématiques (soin et hospitalité ; lutte juridique et judiciaire ; urbanisme de l’hospitalité). Une agora générale conclura la rencontre, et ambitionne de déboucher sur des propositions d’actions.
Jean-Pierre Cavalié
(1) Le Réseau Hospitalité et Marseille HospitalitéS
(2) Université Aix-Marseille, réseau thématique MIMED et TELEMMe, École Nationale Supérieure d’Architecture.
(*) Attaché à la vitalité du débat local, Gomet’ Media donne régulièrement la parole à des contributeurs extérieurs pour des points de vue, chroniques et autres tribunes. Les opinions exprimées dans les tribune diffusées sur Gomet’ n’engagent pas la rédaction. Proposez-nous vos contributions à contact@gomet.net














