Le Rhône, bel endormi logistique, va-t-il enfin se réveiller ? Le grand fleuve français du sud de la France, surtout connu pour ses barrages et ses eaux de refroidissement pour les centrales nucléaires qui bordent ses rives, est depuis des décennies identifié comme un corridor logistique potentiel alternatif au tout camion qui circule sur l’A7. Emmanuel Macron avait fait du sujet l’un des enjeux de son discours sur Marseille en grand, portant, en septembre 2021, l’ambition d’une Haropa du sud, en référence à l’union des ports du Havre, Rouen et Paris, trois partenaires réunis au sein d’un GIE.
Dans le sillage de l’appel du chef de l’Etat, plusieurs initiatives ont été prises, avec des ambitions de plus ou moins grande ampleur : le renouvellement des sous-concessions portuaires du Rhône, des investissements sur le terminal à conteneurs de Lyon, l’AMI en cours pour le renouvellement du pilotage des ports de Saône (hors Villefranche), la réalisation d’un catalogue foncier, le déploiement d’un outil numérique commun de suivi des flux de conteneurs (cargo community system – CI5) ou encore la cartographie interactive pour les trafics de vrac.
Le soutien financier de l’État s’est récemment traduit par la signature de l’avenant mobilité du CPIER (contrat de plan interégional) avec une enveloppe de 176 millions d’euros pour les projets de développement du transport fluvial et multimodal, dont 100 millions d’euros de l’État.
L’axe MeRS, un axe essentiel pour la compétitivité logistique de la France
Sans parler de la mission confiée à Augustin de Romanet pour la réalisation d’un rapport sur les aspects stratégiques et organisationnels pour développer un transport fluvial plus fiable et plus attractif sur l’axe MeRS, un axe essentiel pour la compétitivité logistique de la France et de l’Europe (lire par ailleurs).
Dernière initiative en date, celle annoncée par le port Marseille-Fos, la Compagnie nationale du Rhône et les Voies navigables de France qui lancent un nouveau dispositif d’aide pour soutenir et développer le transport fluvial de conteneurs entre Fos et Lyon. « Le dispositif a pour objectif d’aider les opérateurs fluviaux à maintenir leurs services même en cas d’aléas. La régularité des liaisons est un élément clé pour attirer davantage de volumes vers le fluvial. Chaque année, 67 000 EVP (équivalents 20 pieds) transitent déjà sur le Rhône grâce à trois opérateurs », soulignent les partenaires d’une opération qui reste modeste dans son budget.
Un financement modeste, de 250 000 €, réparti entre trois partenaires
Le financement est assuré par :
– Port de Marseille Fos : 100 k€
– CNR (Compagnie Nationale du Rhône) : 100 k€
– Voies navigables de France : 50 k€
Le dispositif, d’une durée de six mois, renouvelable une fois, repose sur :
– une aide forfaitaire par service, calculée selon la capacité de la barge ;
– un suivi mensuel fondé sur le respect des plans de transport communiqués par les opérateurs.
Un Appel à manifestation d’intérêt (AMI) ouvert jusqu’au 5 mars
Les opérateurs fluviaux peuvent candidater via l’AMI disponible sur les sites des trois partenaires. Sous réserve d’éligibilité, une convention commune encadrera la participation. L’aide sera versée après les six mois d’expérimentation, en fonction des services réellement assurés.
Le dispositif s’inscrit dans la stratégie de l’axe MeRS, qui vise « à tripler les volumes fluviaux d’ici 2040 », rappellent les trois partenaires.
Liens utiles :
> L’actualité de l’axe fluvial Méditerranée-Rhône-Saône dans Gomet’
> Notre dossier consacré aux projets industriels à Fos-Berre











