Interrogé sur la démission d’Anne Murac, la directrice des opérations du Comité d’organisation (Cojop) des Jeux Olympiques d’hiver 2030, Renaud Muselier n’a pas tenté de slalomer entre les piquets. Droit au but, le président de la Région Sud n’a pas caché, mercredi 10 décembre, lors d’une rencontre avec la presse, à la veille de l’assemblée plénière du Conseil régional, les difficultés dans l’organisation interne du Comité d’organisation des Alpes françaises 2030.
« Ce n’est pas facile, a reconnu l’élu. La difficulté que nous rencontrons est de définir l’existence des territoires. C’est avant tout un projet alpin et décentralisé. Cela n’a rien à voir avec Paris 2024. On ne traite pas Nice comme Courchevel, ni Briançon comme Méribel ou Val d’Isère. » Or, selon Renaud Muselier, « Madame Murac a voulu mettre tout le monde dans le même panier en disant : ‘‘C’est comme cela que ça se passe’’ . Cela a un peu tendu les choses et à partir de là… Il faut savoir que depuis sa nomination, en juillet dernier, elle ne m’a jamais parlé. C’est un fonctionnement un peu particulier. »
Des crispations dans la manière de faire
Au-delà du cas Murac, le président de la Région Sud, porteur de la candidature des Alpes 2030 avec Laurent Wauquiez, l’ex-président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, pointe l’état d’esprit d’un certain nombre de membres des équipes du Cojop : « Ce sont souvent des jeunes issus des JO de Paris et qui sont arrivés sur les territoires avec leurs certitudes et ils ont fâché. »
Mais Renaud Muselier se veut rassurant : « Du côté budget, tout fonctionne avec le Dijop et côté loi parlementaire, Marina Ferrari, la ministre des Sports, va la faire voter (le projet de loi relatif à l’organisation de ces Jeux d’hiver 2030, adopté par le Sénat le 23 juin dernier, doit être examiné par l’Assemblée nationale à partir du 15 décembre, ndlr) ».
La Dijop, qu’est-ce que c’est ?
La Dijop, ou Délégation interministérielle aux Jeux Olympiques et Paralympiques, a été installée pour les Jeux de Paris 2024 et reconduite pour les Alpes 2030. Elle est directement rattachée au Premier ministre. Suite à la disparition, depuis septembre, pour raison budgétaire, de la Délégation interministérielle aux grands événements sportifs (Diges), interface entre l’État et les organisateurs d’événements, c’est elle qui se partage désormais, avec la direction des sports, rattachée elle au ministère des Sports, l’organisation des compétitions sportives en France.
Les deux entités vont se répartir les événements et se partager les neuf collaborateurs de la Diges, dans la continuité des discussions engagées depuis plusieurs mois entre Pierre-Antoine Molina, délégué interministériel aux Jeux Olympiques et Paralympiques Alpes 2030 (Dijop), et Fabienne Bourdais, directrice des sports.
Et de poursuivre : « Les deux régions engagées sont une et indivisible. Du côté de la Solideo, les dispositifs sont en place et personne ne conteste le travail qui a été fait ni les montants engagés. Parallèlement, le CIO est venu la semaine dernière faire une nouvelle visite et cela s’est remarquablement bien passé. Alors tout marche malgré, oui, quelques turbulences. »
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