Samuel Marc, le fondateur de Fenix Évolution, ne lâche rien. Depuis 2020, il porte dans le Vaucluse le projet de création d’une usine de traitement des fruits rejetés et il répète à qui veut l’entendre : « En France, en moyenne 13 % des fruits sont jetés. Ça correspond à 300 000 tonnes de fruits par an en Région Sud, 300 000 tonnes qui deviennent des déchets ! »
Résultat : il est en train de boucler un tour de table conséquent de 16 848 000 € qui va lui permettre de mettre en chantier une usine innovante capable de traiter 25 000 tonnes par an de ces fruits que l’industrie agroalimentaire et la grande distribution ne peuvent et ne veulent acheter. Officiellement, ce sont « des écarts de tri, des fruits déclassés et des surplus de production » de fruits et légumes aujourd’hui perdus ou sous-valorisés.

L’usine pourra intégrer une grande diversité de productions : pomme, poire, pêche, abricot, cerise, melon, prune, figue, oignon, poireau, ail et carotte. En sortie, l’unité Fenix Évolution délivrera des produits destinés aux marchés des boissons, des préparations sucrées (des jus concentrés et sucres pour l’industrie agroalimentaire qui peut les utiliser ensuite en sirop, soda…), de la confiserie, de la nutrition, des colorants naturels, des extraits de polyphénols et des applications colorantes naturelles, mais aussi des fertilisants pour les sols.
Une friche industrielle, à 4 km d’Apt
Samuel Marc a identifié une friche industrielle, une ancienne unité agroalimentaire à Gargas. Cette cité des ocres, située à 4 km d’Apt dans le Lubéron, devient un petit pôle industriel avec la Lustrerie Mathieu qui a notamment restauré les lustres de Notre-Dame de Paris. L’investissement est conséquent : 2 millions d’euros pour l’achat du bâti, 2 millions d’euros encore pour le réhabiliter et 10 millions d’euros pour le parc machines.

Conseillé par Cefin Capital & Debt, Samuel Marc mobilise equity, subvention, crowd-funding en capital et crowd-lending. Concrètement en haut de bilan, 3 302 000 € sont investis et le fondateur, avec son associée Martine Meurens (à 12 %), ont accepté une dilution de leurs parts de 77 % du capital à 46 % (source : fiche d’information Tudigo). Des fonds d’investissement corporate tels que Cléry et Helix, des fonds publics tels que Région Sud Investissement et InvESS’t PACA et des personnes physiques ont apporté des fonds propres.
Inscrivez-vous à notre révélation du bilan 2025
du baromètre régional des levées de fonds
Vendredi 23 janvier 2026 au Sky Center La Marseillaise
Un vaste tour de table
Encore insuffisant, Fenix Évolution a fait appel au crowdfunding en capital sur la plateforme Tudigo. Le plancher était à 400 000 €, le plafond à 1,5 M€ (ce qui était très optimiste). Et l’opération s’est terminée fin 2025 avec 176 investisseurs qui ont mobilisé 484 176 €. Les souscripteurs sont regroupés dans une holding ad hoc, TudiHolding qui détiendra 19 % des actions. Un succès indéniable pour ce projet d’économie circulaire.
- 51 % seront consacrés aux Capex, principalement pour l’acquisition et l’installation des équipements techniques nécessaires au traitement des fruits, ainsi que pour l’intégration complète de la ligne de production au sein du bâtiment industriel.
- • 24 % seront dédiés aux Opex afin de couvrir les charges opérationnelles liées au démarrage de l’activité (salaires, énergie, maintenance) et à la constitution des premiers stocks nécessaires au bon déroulement du cycle d’exploitation.
- • 25 % seront mobilisés par Fénix Immobilier pour l’achat du bâtiment et la réalisation des travaux de mise aux normes en vue de son exploitation industrielle.
La part subvention vient du programme France 2030.

La Société Générale, le Crédit Lyonnais, le Crédit Agricole interviennent comme banques corporates et Bpifrance comme banque publique (9 645 000 € de prêts bancaires). Pour compléter le financement Phoenix Evolution a continué sur le crowdfunding mais cette fois en crédit sur la plateforme spécialisée agro Miimosa. L’objectif est de collecter 1,5 million d’euros pour un crédit de 60 mois rémunéré à 8 %. Au 8 janvier 2026, le but était proche avec 1 122 820 € confiés par 652 prêteurs.

Samuel Marc va donc pouvoir entamer les travaux, commencer à embaucher la trentaine de salariés qui feront tourner l’entreprise et mobiliser le monde agricole qui devrait trouver avec l’usine de Gargas une source de revenus de 6 à 10 millions d’euros en y apportant 25 000 tonnes de fruits « pas beaux » par an.
Liens utiles :
> Pour vous inscrire à notre révélation du bilan 2025 du baromètre régional des levées de fonds
> L’actualité des levées de fonds en région Sud à suivre sur Gomet’













