Salons, congrès, festivals : chaque manifestation distribue des milliers de badges et de cartes d’accès dont la durée de vie n’excède parfois pas quelques heures. Une filière d’alternatives au PVC vierge s’est structurée, portée par des exigences RSE désormais inscrites dans les chartes publiques et les certifications du secteur.
C’est un angle mort du bilan environnemental d’un événement. On compte les kilomètres parcourus par les visiteurs, on trie les gobelets, on pèse les invendus de la restauration — mais rarement les supports d’identification. Ils sont pourtant produits en volume : un salon professionnel de taille moyenne écoule plusieurs milliers de badges nominatifs, auxquels s’ajoutent tours de cou, porte-badges et bracelets d’accès. Le tout distribué à l’entrée, porté une journée, puis abandonné à la sortie.
Un cadre local qui se resserre
En Provence, la contrainte n’est plus seulement réputationnelle. Le conseil de la Métropole Aix-Marseille-Provence a adopté en mai 2022 une charte des manifestations éco-responsables, qui invite les organisateurs à agir notamment sur la réduction et la collecte des déchets. Les signataires bénéficient d’une mention dédiée, et certains élus plaidaient dès l’adoption du texte pour aller plus loin, en transformant la charte en éco-label valorisable dans les appels d’offres.
Le mouvement touche aussi le tourisme d’affaires régional, où la certification internationale ISO 20121 sert de référence. Le réseau Linkeus, qui fédère les professionnels de l’événementiel en région Sud, accompagne ses membres vers cette norme : rendre le secteur plus durable y est présenté comme une obligation plutôt qu’une option. Or ces référentiels examinent la chaîne d’approvisionnement, consommables compris.
Cinq familles de matériaux, cinq compromis différents
Côté fournisseurs, l’offre s’est diversifiée. Europaband, spécialiste français des supports d’identification événementiels basé à Saint-Jean-de-Braye, près d’Orléans, distingue cinq familles d’alternatives aux cartes PVC classiques.
La première est le PVC recyclé post-consommation, qui repart de matière déjà en circulation : le fournisseur avance une réduction pouvant atteindre 65 % des émissions de CO2 liées à la fabrication par rapport au PVC vierge. Vient ensuite le bio-PVC, additivé pour accélérer sa décomposition, avec des temps de dégradation annoncés comme divisés par deux. Dans les deux cas, le plastique reste présent : on parle d’atténuation, pas de suppression.
Les trois autres familles s’en affranchissent. La pulpe de cellulose certifiée FSC, fabriquée en France, convient aux badges nominatifs d’une journée mais résiste mal à l’eau et aux manipulations répétées. Le bois imprimé — cerisier, bouleau, hêtre, bambou, noyer — vise le haut de gamme, avec un veinage unique par carte. Enfin, le PLA, issu d’amidon de maïs, offre une rigidité proche du plastique pour une origine végétale.
Point décisif pour les organisateurs : ces supports conservent l’épaisseur standard de 0,76 mm, identique au format bancaire, et restent donc compatibles avec les porte-badges et les lecteurs existants. Les puces RFID s’y intègrent également, y compris dans le bois, ce qui préserve le contrôle d’accès et le paiement sans contact sur site.
Attention à l’arbitrage réel
Une nuance mérite d’être posée, et le fournisseur lui-même la formule : un matériau ne se juge pas sur sa seule composition. Une carte PVC robuste, réutilisée sur plusieurs éditions d’un même congrès, peut afficher un bilan meilleur qu’une alternative « écologique » distribuée puis jetée en une journée. Le PETG, sans chlore et présenté comme entièrement recyclable, illustre cette logique de réemploi.
Pour les organisateurs de la métropole, l’arbitrage se joue donc moins sur l’étiquette du matériau que sur le scénario d’usage : durée de la manifestation, possibilité de récupérer les badges en sortie, existence d’une filière de collecte locale. C’est aussi ce raisonnement, plus exigeant qu’un simple changement de fournisseur, que les référentiels type ISO 20121 cherchent à installer.
Ce contenu a été rédigé dans le cadre d’un partenariat commercial.















