Près de 200 architectes, élus, urbanistes et scientifiques se sont réunis le 24 septembre au Théâtre Liberté de Toulon à l’occasion d’une nouvelle édition des rencontres « Architectures & Territoires », organisées par le Conseil régional de l’Ordre des architectes Provence-Alpes-Côte d’Azur (Croa Paca). Au cœur des échanges : le recul du trait de côte et l’adaptation des territoires littoraux face aux effets du changement climatique.
Alors que l’érosion côtière et la montée des eaux se manifestent déjà sur plusieurs secteurs du littoral varois, notamment sur la presqu’île de Giens, les intervenants ont débattu des solutions permettant d’anticiper les transformations à venir plutôt que de les subir.
La soirée s’est ouverte sur une conférence consacrée à des projets internationaux menés sur des fronts de mer, présentés par Thomas Hervé, architecte associé senior, et Magdelis Santos, directrice de la communication et du développement, tous les deux de l’agence danoise 3XN Architectes. Les exemples du Sydney Fish Market, en Australie, et de la transformation du front de mer de Copenhague ont illustré différentes approches visant à reconnecter les villes à leur environnement maritime.
Les discussions se sont ensuite recentrées sur les enjeux locaux lors d’une table ronde réunissant notamment Julien Orlandini, premier adjoint à la maire de Toulon et conseiller métropolitain, Samuel Robert, directeur de recherche en géographie au CNRS, Nicolas Rodriguez, maire de Cavalaire-sur-Mer et vice-président de la Communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez, Thomas Hervé et Éric Marro, urbaniste au CAUE Var.

Les participants ont évoqué plusieurs leviers d’action, parmi lesquels la protection des espaces exposés, l’adaptation des aménagements, la renaturation de certains secteurs ou encore la relocalisation d’activités et d’équipements lorsque cela devient nécessaire. Les échanges ont également porté sur l’évolution du rapport des villes à l’eau et sur la nécessité de repenser l’attractivité du littoral dans un contexte de mutation environnementale.
Pour Maryline Chevalier, présidente du Croa Paca, ces rencontres doivent contribuer à faire émerger une vision de long terme pour les territoires côtiers. « Il faut protéger et adapter le littoral quand cela est possible, relocaliser lorsque cela devient nécessaire, mais aussi réinventer nos manières d’habiter et d’aménager », a-t-elle déclaré. Cette édition toulonnaise d’« Architectures & Territoires » a ainsi permis de croiser retours d’expérience internationaux, expertise scientifique et enjeux d’aménagement locaux autour d’une même interrogation : comment préparer dès aujourd’hui le littoral méditerranéen de demain ?
















