Cinq ans après leur licenciement, d’anciens salariés de la centrale à charbon de Gardanne ont signé, mercredi 26 novembre 2025, leur contrat d’embauche dans le cadre d’un projet de reconversion industrielle porté par la CGT avec une start-up, Gazotech, sous l’égide de l’État. Au total, 27 anciens salariés encore en attente doivent être intégrés dans le projet.
Trois ans après la fermeture de la centrale à charbon de Gazel Énergie, le site entame donc une nouvelle étape de sa transition. Le projet baptisé Biométhane de Provence (BMP) repose sur une technologie développée par Gazotech, société basée à Nantes disposant de plusieurs années d’expérience en pyrogazéification et qui propose des solutions de production de gaz renouvelable, associée à la Société de production d’énergie gardannaise (Speg), créée par la CGT et son association ATCG (Association des travailleurs de la centrale de Gardanne). « C’est un projet qui a vocation à la production de carburant maritime. On utilise notre matière première qui est produite en Paca, des déchets de bois qui aujourd’hui sont exportés. Ce projet a vocation à garder de la valeur locale,» explique Maël Disa-Vingataramin, fondateur de Gazotech.
Mercredi 26 novembre, à la sous-préfecture d’Aix-en-Provence, la signature des trois premiers contrats de réembauche marque officiellement le lancement du projet de transformation porté par ProvEx, la société d’exploitation, conformément à l’accord signé cet été entre les parties prenantes, à savoir l’Etat, la CGT et GazelEnergie, propriétaire et exploitant de la Centrale de Provence. Un premier jalon d’un projet évalué à près de 200 millions d’euros, selon Maël Disa-Vingataramin, avec une mise en service étalée jusqu’en 2028.
BMP (Biométhane de Provence) est la société porteuse du projet, créée conjointement par la Speg et GazoTech. ProvEx est la société d’exploitation opérationnelle, détenue à 80% par BMP pour gérer le site et embaucher le personnel. Le reste appartient à GazelEnergie.
La future installation produira du gaz renouvelable, un carburant maritime durable et du biocharbon, un substitut décarboné du charbon fossile. Elle répond à une exigence croissante de décarbonation du transport maritime. Une innovation « quasi mondiale », selon le fondateur de Gazotech, située « dans une zone à activité portuaire », capable d’alimenter un secteur soumis à une pression réglementaire forte sur les émissions.
BMP « tient les délais »
Une feuille de route est déjà calée :
- Fin 2025 – début 2027
→ Mise en service de l’unité de réception et de préparation du bois. Durant cette période transitoire, la matière transformée sera fournie à Gazel Énergie. - 2027
→ Entrée en fonction de la première tranche de production de gaz renouvelable et de biocharbon. - Fin 2028
→ Achèvement de l’installation complète, incluant la production de carburant maritime durable.
Le site deviendra une plateforme énergétique capable de produire du gaz renouvelable injecté dans le réseau, un carburant maritime durable et du biocharbon, substitut décarboné au charbon fossile.
« Pour 2027, c’est recevoir du bois, faire du gaz et du charbon. Une première étape est prévue de fin d’année / début 2027, pour la partie de préparation du bois, le temps que l’installation complète soit construite, détaille Maël Disa-Vingataramin. Aujourd’hui, ça avance très bien malgré le calendrier très serré, mais pour le coup, on tient les délais, on est même en avance ! »
Une cinquantaine d’emplois créée par BMP
Même s’il prévient qu’il est « un peu tôt » pour figer les projections financières, l’architecture du financement est claire : « C’est un projet industriel classique qui a vocation à se financer par lui-même. On ne va pas chercher à avoir des subventions supplémentaires, on n’en a pas besoin. L’intérêt du projet, c’est qu’il se porte lui-même. » Même si dans le schéma précisé il y a bien de l’aide publique : « On sera sur un schéma classique de subventions comme on fait en général sur des projets de ce type : un tiers subventions, un tiers fonds propres, un tiers dette. »

L’État promet aussi de rester mobilisé pour sécuriser les parcours professionnels et accompagner les financements européens et régionaux. « On croit dans l’avenir industriel du bassin de Provence et dans son avenir énergétique, confie Mathieu Gatineau, le nouveau sous-préfet d’Aix-en-Provence. On va tout faire pour que ce territoire, qui est un vrai territoire industriel, garde sa vocation pour des industries propres et qui participent à la transition écologique et énergétique. »
La société Provex doit à terme employer une cinquantaine de personnes, dont 27 seront des anciens salariés de GazelEnergie. « Les trois premiers aujourd’hui et puis les suivants courant décembre, au fur et à mesure, jusqu’à juin », indique Maël Disa-Vingataramin.
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