La façade maritime méditerranéenne se dote d’une nouvelle feuille de route. Parmi ses dernières actions avant son départ pour le cabinet d’Emmanuel Macron, le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Georges-François Leclerc, a approuvé par arrêté interpréfectoral, avec le vice-amiral d’escadre Christophe Lucas, préfet maritime de la Méditerranée, une stratégie renouvelée pour les six prochaines années.
Ce Document Stratégique de Façade (DSF) Méditerranée, validé à l’unanimité par les quatre-vingts membres du conseil maritime de façade le 25 juin dernier, malgré les réserves de l’Autorité environnementale, puis ratifié le 28 octobre, formalise la vision française à l’horizon 2050 pour l’un des espaces maritimes les plus sous pression du pays.

Une concertation entamée dès 2023
Fruit d’un processus de concertation entamé en 2023, auprès des représentants des collectivités comme du grand public lors du débat « La mer en débat », cette stratégie actualise le diagnostic de l’état de l’environnement marin et des activités économiques littorales. Elle vise « à renforcer la cohérence des actions d’adaptation, de protection et de développement durable engagées sur la façade ».
Le document affirme la continuité des engagements français en matière environnementale, européenne et internationale. Il fixe notamment de nouveaux objectifs concernant la gestion des aires protégées, la préservation des habitats marins, l’adaptation au recul du trait de côte, la coopération interportuaire, la limitation stricte des nuisances engendrées par le tourisme et les loisirs nautiques ou encore la durabilité de la pêche.
Une planification élargie : de la biodiversité aux énergies renouvelables
Pour la première fois, la façade méditerranéenne s’équipe également d’une cartographie des zones susceptibles d’être classées en « protection forte » d’ici à 2027, avec l’ambition de couvrir 5 % des eaux françaises de Méditerranée.
Autre avancée notable : l’identification de zones prioritaires pour l’implantation future de parcs d’éoliennes en mer, à un horizon de dix ans et jusqu’en 2050. Ces travaux de planification ont été menés en lien étroit avec les représentants de la pêche professionnelle, en marge de la Conférence des Nations unies sur l’océan à Nice. L’objectif : concilier les impératifs de biodiversité et la montée en puissance des énergies renouvelables avec le maintien d’activités économiques structurantes.
Des objectifs opérationnels pour les six prochaines années
Plus lisible et plus opérationnelle que les précédentes, la stratégie fixe des objectifs mesurables. Parmi les priorités affichées : porter à 100 % le nombre de sites de baignade présentant une qualité d’eau « bonne », réduire les rejets illicites de polluants, ou encore amener 80 % des compagnies de croisière fréquentant les eaux françaises à signer la charte « croisière durable ».
Le texte prévoit également la généralisation d’outils limitant les impacts des ancrages sur les habitats marins dans deux tiers des sites prioritaires, la sensibilisation de 6 500 plaisanciers chaque saison aux écogestes, et le recensement d’une centaine d’aires marines éducatives sur le territoire.
Un cadre pour les politiques publiques en Méditerranée
Cette nouvelle stratégie guidera la mise en œuvre du plan d’action adopté en 2022, piloté par l’ensemble des acteurs institutionnels et socio-professionnels de Méditerranée. Au-delà des mesures techniques, elle affiche la volonté de mieux articuler en mer les exigences environnementales, la sécurité maritime, la pression croissante du tourisme et la diversification du mix énergétique.
Avec cette feuille de route, l’État entend surtout instaurer une gouvernance plus lisible et prolonger un effort collectif déjà engagé depuis plusieurs années dans une région où les équilibres naturels et économiques demeurent particulièrement fragiles.
Document source : la Stratégie de façade Méditerranée
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