Lancé en 2022 par la Société du Canal de Provence (SCP) et Aix-Marseille Université, le projet Reut’o’Sud entend structurer une filière régionale autour de la réutilisation des eaux usées traitées (Reut). Subventionné par la Région Sud, il s’inscrit dans le plan régional Or Bleu qui vise à sécuriser la ressource en eau dans un contexte de sécheresses répétées et de pression démographique.
« Les études ont démontré que 705 stations d’épuration rejettent 30 millions de m³ d’eau qui sont potentiellement réutilisables, mais avec des solutions difficiles de mettre en place », comme l’a rappelé, lors du « 12-14 » sur la filière de l’eau organisé le 9 septembre à l’Arbois, Pauline Lombard-Creisson, ingénieure en gestion de l’eau et coordinatrice du projet au sein d’Aix-Marseille Université.
Une base de données et trois « living labs »
Depuis deux ans, Reut’o’Sud constitue une base de données recensant l’ensemble des stations d’épuration de la région et les volumes qu’elles rejettent. Cette cartographie doit permettre d’identifier des usages potentiels, qu’ils soient agricoles, urbains ou liés aux loisirs.
Mais le projet ne se limite pas à l’analyse : trois « living labs » doivent être créés. « Ce sont des espaces partagés où tout le monde construit des innovations », détaille Pauline Lombard-Creisson. L’idée est d’associer collectivités, chercheurs, industriels, agriculteurs et citoyens : « Tout le monde peut y participer, le but est la diversité de point de vue. »

En France, moins de 1% des eaux usées traitées sont valorisées, alors que la réglementation européenne encourage la réutilisation, notamment pour l’irrigation agricole. Pour la Région Sud, l’objectif est d’atteindre 10% de Reut d’ici 2030. Si aucun montant précis n’a été communiqué, le projet bénéficie d’un soutien financier de la Région Sud et de la SCP.
Plusieurs sites pilotes identifiés par Reut’o’Sud en Région Sud
L’un des volets de Reut’o’Sud consiste à analyser la faisabilité économique de la Reut, en comparant le coût des traitements supplémentaires et des infrastructures avec les bénéfices attendus : économies d’eau potable, sécurisation des usages agricoles, continuité d’approvisionnement pour certains sites industriels ou de loisirs.
Plusieurs sites pilotes ont déjà été identifiés en région Sud : irrigation de vignes et d’oliviers dans les Alpilles, arrosage de golfs, ou encore usages urbains comme le nettoyage de voiries. Mais les freins restent nombreux : normes sanitaires strictes, délais d’autorisations, coûts d’investissements et acceptabilité sociale. « L’idée de ce projet est d’étudier certaines possibilités et de les mettre à disposition de tous », insiste Pauline Lombard-Creisson.
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