« Une marque d’attention particulière » et même « un honneur », comme l’a laissé entendre l’Elysée ces derniers jours. A la veille du 25e Conseil des ministres franco-allemand, le premier depuis l’arrivée au pouvoir début mai du conservateur Friedrich Merz à Berlin, qui réunira dix ministres de part et d’autre ce vendredi 29 août à Toulon, Emmanuel Macron recevra dès ce jeudi soir le nouveau chancelier allemand au fort de Brégançon pour un « diner de travail ».
C’est la troisième fois seulement qu’un chef du gouvernement allemand se rend dans la résidence d’été des présidents français, après Helmut Kohl invité par François Mitterrand en août 1985 et Angela Merkel par Emmanuel Macron, déjà, en août 2020.
Montrer la solidité du couple franco-allemand face aux périls extérieurs
Un geste fort et l’occasion d’une « discussion en tête-à-tête » destinés à montrer la solidité du couple franco-allemand, dans la foulée de leur tribune commune, en mai dernier, où les deux dirigeants affirmaient vouloir « exploiter au maximum le réflexe franco-allemand » face aux périls stratégiques et économiques contemporains. Les deux dirigeants ne devraient ainsi pas manquer d’évoquer les grands sujets diplomatiques du moment, qu’il s’agisse des garanties de sécurité à fournir à l’Ukraine dans le cadre d’un éventuel accord de paix avec la Russie, du nucléaire iranien ou de Gaza, et la nécessité d’une défense européenne forte.
Dans la foulée de ces discussions, ils se retrouveront pour un conseil des ministre franco-allemand (CMFA) chargé, le lendemain à Toulon, à la Préfecture maritime, une manière « de faire comprendre aux Allemands la dimension méditerranéenne de toute stratégie européenne », suggère-t-on aussi à l’Elysée.
Défense et souveraineté européenne
La journée se déroulera en trois sessions plénières. Sur la stratégie et la souveraineté industrielle d’abord, sur des sujets liés au numérique et à l’espace notamment (tels que l’IA). Sur la volonté de « faire converger » les réformes économiques et sociales des deux pays ensuite. Enfin, sur les sujets de sécurité et de défense, dans un format plus restreint dit « 3+3 » réunissant ministres des Affaires étrangères, de la Défense et de l’Économie.
Au programme : la consolidation des grands projets industriels communs (système de combat aérien du futur -FCAS- et char de nouvelle génération -MGCS), la rationalisation de la base industrielle et technologique de défense européenne et, enfin, les enjeux stratégiques de long terme : missiles de très longue portée, capacités de frappe dans la profondeur, systèmes d’alerte avancée, et dialogue sur la dissuasion nucléaire.
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