Un séjour à l’hôpital bouleverse souvent l’équilibre fragile mis en place autour d’un senior. Pour les familles et les proches aidants du pays d’Aix, la sortie d’hospitalisation est un moment clé qui demande anticipation, orientation et, parfois, un changement de cap radical dans la prise en charge.
La sortie d’hospitalisation, un tournant souvent sous-estimé
Chaque année, des milliers de seniors des Bouches-du-Rhône sont hospitalisés pour une chute, une fracture, une décompensation cardiaque ou une intervention chirurgicale. Si les équipes soignantes se concentrent logiquement sur la guérison en phase aiguë, c’est une fois la porte de l’hôpital franchie que les difficultés commencent souvent pour les familles. Le proche aidant — conjoint, enfant, frère ou sœur — se retrouve seul face à un parent affaibli, avec peu d’instructions claires et un sentiment d’urgence qui peut vite tourner à la panique.
À Aix-en-Provence, comme partout en France, cette transition entre le milieu hospitalier et le retour à domicile (ou l’entrée en établissement) est un moment à haut risque de réhospitalisation. Mieux l’anticiper, c’est protéger à la fois le senior et l’aidant. Voici les étapes essentielles à connaître.
Étape 1 — Anticiper dès l’hospitalisation, pas après
La première règle est de ne pas attendre la sortie pour réfléchir à la suite. Dès que l’hospitalisation est actée, l’aidant ou la famille doit demander à rencontrer l’assistante sociale du service. Dans les hôpitaux publics comme à l’Hôpital de la Timone ou au Centre hospitalier du Pays d’Aix, ces professionnels sont justement là pour évaluer la situation sociale et anticiper les besoins post-hospitaliers : retour à domicile aménagé, soins de suite et réadaptation (SSR), ou hébergement temporaire en établissement.
Ne pas se contenter de l’information médicale : demander un bilan de sortie écrit, les prescriptions médicales détaillées, les contre-indications (escaliers, alimentation, mobilité), et les coordonnées du service de soins infirmiers à domicile (SSIAD) si nécessaire.
Étape 2 — Évaluer le degré de perte d’autonomie
Après une hospitalisation, le niveau d’autonomie du proche peut avoir changé de manière significative. Il est crucial de faire une évaluation lucide : peut-il encore rester seul chez lui en sécurité ? A-t-il besoin d’une aide quotidienne ? Doit-on envisager une solution d’hébergement médicalisé ?
Cette évaluation peut être conduite via le médecin traitant, la maison départementale de l’autonomie (MDA 13), ou un réseau local d’acteurs de la gérontologie en Provence. Elle débouche généralement sur une grille GIR (groupe iso-ressources) qui détermine le niveau d’APA (allocation personnalisée d’autonomie) auquel la personne peut prétendre.
À savoir La demande d’APA peut être déposée directement auprès du Département des Bouches-du-Rhône. Elle ouvre droit à une aide financière pour financer des heures d’aide à domicile, du matériel médical ou l’hébergement en EHPAD.
Étape 3 — Organiser le retour à domicile… ou envisager l’EHPAD
Si le retour à domicile est envisageable, plusieurs dispositifs permettent de sécuriser cette transition :
- Les SSIAD (Services de soins infirmiers à domicile) : interventions quotidiennes d’infirmiers et aides-soignants à domicile, pris en charge par l’Assurance maladie.
- Les SAAD (Services d’aide et d’accompagnement à domicile) : aide aux actes essentiels de la vie quotidienne (toilette, repas, mobilité).
- Les portages de repas et systèmes de téléassistance, nombreux sur le territoire aixois.
- L’hébergement temporaire en EHPAD : une solution de court terme (quelques semaines) pour permettre au senior de récupérer en sécurité et à l’aidant de souffler.
Lorsque le maintien à domicile n’est plus viable sur le long terme, la question de l’entrée en EHPAD se pose. Ce n’est jamais une décision facile, mais c’est souvent la solution la plus adaptée pour assurer sécurité, soins et lien social au quotidien. Pour comparer les établissements disponibles dans la métropole, le annuaire des EHPAD à Aix-en-Provence permet de consulter les caractéristiques, les tarifs et les disponibilités des maisons de retraite médicalisées du secteur.
Étape 4 — Ne pas oublier l’aidant lui-même
Trop souvent, l’attention se concentre uniquement sur le senior, au détriment de celui ou celle qui le prend en charge au quotidien. Or les proches aidants sont une population particulièrement vulnérable : selon les données disponibles à l’échelle nationale, près de 9 aidants sur 10 déclarent ressentir une charge lourde et une fatigue morale significative.
À Aix-en-Provence et dans les Bouches-du-Rhône, des structures existent pour les soutenir. Les plateformes d’accompagnement et de répit proposent écoute, formation, et des solutions permettant à l’aidant de souffler temporairement sans culpabiliser. Le secteur des résidences médicalisées en Provence s’est lui aussi structuré pour proposer des formules d’hébergement temporaire, notamment après hospitalisation.
Les droits des aidants à connaître
La loi d’adaptation de la société au vieillissement (ASV) de 2015 a introduit un « droit au répit » pour les aidants dont le proche bénéficie de l’APA. Concrètement, cela se traduit par une aide financière annuelle permettant de financer une prise en charge temporaire du proche (à domicile ou en établissement) pour permettre à l’aidant de se reposer.
Il existe également le congé proche aidant, dispositif de droit du travail permettant aux aidants salariés de s’absenter temporairement, avec le versement de l’Allocation journalière du proche aidant (AJPA) sous conditions.
Conclusion : s’organiser, ne pas rester seul
L’hospitalisation d’un parent âgé est souvent le premier signal d’alarme que la situation ne pourra plus fonctionner comme avant. C’est un moment difficile, mais aussi une opportunité de prendre le temps de construire une organisation solide et pérenne. Solliciter les professionnels du secteur médico-social, ne pas hésiter à contacter l’assistante sociale hospitalière, et prendre le temps de comparer les solutions disponibles — maintien à domicile renforcé ou établissement médicalisé — sont les premiers pas vers un accompagnement de qualité, pour le senior comme pour son entourage.















