Les communiqués sur l’investissement de Persol en France offrent des nuances significatives. Selon Gojob, la société aixoise créée en 2015 par Pascal Lorne a reçu « un investissement stratégique de 120 M€ de la part de Persol ». Comme si c’était une levée de fonds. Le communiqué japonais du groupe Persol est plus brutal : il s’agit d’un « avis d’acquisition de Gojob SAS et sa transformation en filiale ».
Le board du numéro 2 japonais de l’intérim et des ressources humaines, fondé en 1973, « a décidé, dixit, dans sa réunion du 1er octobre 2025, d’acquérir 85 % (à titre indicatif) des actions de Gojob SAS ». Tout le monde dit vrai, mais les non-dits ont aussi leur part de vrai. Persol est cotée à la Bourse de Tokyo depuis 2004, valorisé à 2,5 milliards de dollars . Le groupe « Persol Holdings Co., Ltd. » est donc tenu à la transparence. Il réalise un chiffre d’affaires de 9,2 milliards de dollars et couvre les activités de la filière RH : l’intérim, l’ingénierie, le recrutement… dans toute la région Asie-Pacifique où il emploie 71 570 salariés.
Une entreprise de création de « Bien-être professionnel »
Le groupe affiche une forte volonté de croissance tout en assumant des valeurs : « Au sein du Groupe Persol, nous avons pour ambition d’être une entreprise de création de « bien-être professionnel », qui élargit le bonheur des individus et de la société en élargissant les possibilités de chacun et la liberté de travailler, dans le but de réaliser la vision du groupe, « Travailler et sourire ».

Selon Gojob , « cet investissement stratégique de la part d’un acteur de référence marque une nouvelle étape dans le développement de Gojob et illustre la volonté des deux entreprises de bâtir un modèle d’emploi à la fois technologique, inclusif et durable. » Le siège social est transféré à Tokyo, mais précise le communiqué aixois, « Gojob conserve son indépendance stratégique, sa marque, ses équipes et sa direction. La R&D restera basée en France. »
Persol confirme sa volonté d’investir de façon continue « dans les nouvelles technologies appliquées aux ressources humaines, tant au niveau national qu’international, tout en assurant la croissance de ses activités principales, telles que le recrutement et le placement de personnel. Cette initiative vise à accélérer la transition vers le modèle numérique. Elle ambitionne de renforcer sa plateforme numérique et de réaliser une croissance significative au-delà de 2030 en s’imposant sur les marchés européens et américains des ressources humaines. »
Pascal Lorne : « Rien ne change ! »
Concrètement, Persol a racheté les participations d’Amundi Private Equity Funds, de la Banque des Territoire et des autres actionnaires financiers de Gojob, Breega, Kois, Alter-Equity et Olivier Mathiot ce qui représente entre 80 et 85% des actions. Les membres du comité exécutif de Gojob, Pascal Lorne, via sa holding personnelle et son fonds de dotation Gojob Foundation, demeurent comme actionnaires minoritaires. Ce qui permet à Pascal Lorne en réponse à nos questions sur SMS de répondre par un laconique : « Rien ne change ! »

Gojob est pourtant désormais la filiale nippone d’un groupe mondial. « Je me réjouis, affirme Pascal Lorne dans un communiqué, de pouvoir piloter la phase scale-up de Gojob sur trois continents désormais, et tiens à remercier nos investisseurs historiques, pionniers de l’impact social, pour leur confiance et leur soutien déterminant dans les premières phases de croissance de l’entreprise. » Et de poursuivre : « Bien plus qu’un investissement, l’arrivée de Persol au capital de Gojob est la rencontre de deux visions alignées sur l’avenir du travail. » Persol et Gojob vont donc œuvrer pour « créer une société où tous les habitants de la planète peuvent s’épanouir au travail : « Work and Smile ».
Gojob et ses actionnaires ont été conseillés par Lazard, Jones Dayet C-Level Partners. Persol Holdings a été conseillé par Rothschild & Co et A&O Shearman.
Lien utile :
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