Julien Coffinier, le président du directoire d’Aéroport Marseille Provence, a accordé une interview exclusive à Gomet’ lundi 5 janvier. Le dirigeant, qui boucle son premier exercice complet à la tête de la deuxième plateforme aéroportuaire régionale française, fait le point sur les résultats 2025 et détaille les différents projets et investissements programmés jusqu’au tournant de la prochaine décennie.
Un grand entretien que nous publions en sept volets. Après un focus sur la transformation du terminal 2 dédié aux compagnies low cost, la stratégie sur le long-courrier, le projet immobilier tertiaire Aequatio, les développements autour du hub énergétique, le contrat de régulation économique avec l’Etat et le projet, à l’ouest de l’aéroport, avec Airbus Helicopters et baptisé Kairos, suite et fin aujourd’hui de notre série avec les RH, l’IA et la nouvelle marque.
Est-ce que le plan d’investissement que vous programmez se traduit par une hausse des effectifs ?
Julien Coffinier : Ce que l’on peut observer, mais c’est plus quelque chose qui s’impose à nous, c’est que entre 2020 et 2030, on aura remplacé 60 % de nos effectifs en raison des départs à la retraite. En 10 ans, quasiment les deux tiers des effectifs AMP auront moins de 10 ans sur un effectif constant qui tourne autour de 380 équivalent temps plein.
L’un des challenges en la matière, c’est plutôt de développer les compétences et la robustesse managériales. On a un aéroport qui change. Aautour de nous, cela change aussi extrêmement vite. On développe de nouveaux métiers dans lesquels on veut être parmi les meilleurs. Il faut donc que l’on accompagne l’ensemble des équipes pour renforcer ces compétences managériales, d’accompagnement, de bienveillance, d’écoute. Ceux qui vivent le quotidien sont bien les gens sur le terrain. Et donc nos managers sont là pour les aider à se développer.
Tout cela boosté par l’IA ?
Julien Coffinier : On commence à voir comment utiliser ces technologies. On avance avec beaucoup de précaution et de prudence. Parce qu’aujourd’hui, pour un aéroport, les enjeux de cybersécurité sont souvent plus forts que le déploiement de solutions IA. La question que l’on se pose est comment on utilise les nombreuses datas dont on dispose mais de manière cyber sécurisées. L’IA nous sert d’abord aujourd’hui dans des gains de productivité en interne.
Vous avez quand même fait des écrans interactifs pour aider les passagers…
Julien Coffinier : Oui, nous sommes le premier et le seul aéroport en France à avoir une technologie de biométrie au porteur qui est absolument unique. Elle permet, une fois que vous êtes « enrôlé », de ne plus sortir du tout votre papier d’identité pour voyager en France. On a fait des tests de calculs entre le temps que vous preniez à montrer ou à faire vérifier vos papiers d’identité et le fait d’être complètement reconnu avec une biométrie. Cela change fortement, et c’est donc une technologie qui est reconnue et acceptée par la CNIL.
Enfin, un mot sur la nouvelle marque et identité lancées cet automne. Quel premier bilan en tirez-vous ?
Julien Coffinier : C’est un déploiement progressif qui s’effectue au rythme du renouvellement des équipements. On a décidé de ne pas faire un déploiement où tout change d’un coup. On n’a pas les moyens de faire ça. Le plus important, c’est que l’on change de champ lexical, d’ADN et de culture et cette marque est beaucoup plus porteuse pour le faire.

Après, son expression au quotidien se concrétisera dans nos actes, dans nos comportements, sur le web, dans le digital. Le fait que sur un mur il n’y ait pas encore cette marque-lèà, ce n’est pas le plus important.
Êtes-vous satisfait des premiers retours ?
Julien Coffinier : Je ne suis pas un expert et je vois cela avec un air assez naïf et béotien. Mais je trouve que c’est une marque qui va nous donner énormément pour le digital et notamment la vente de services, la promotion de services, l’information sur l’Aéroport Marseille Provence. C’est une marque qui se marie mieux que la précédente. Et je trouve qu’elle incarne aussi beaucoup de valeurs qui sont plus modernes et qui correspondent plus à ce que notre territoire est devenu. C’est une marque qui pourra parfaitement et merveilleusement bien s’exprimer dans le Terminal 2 qui va être rénové et modernisé, qui va être un terminal où la majorité des passagers d’ici 2030 auront moins de 35 ans. Et cette marque s’adapte bien à ce type de population.










