La gauche renouvelle son appel à Gardanne. Mardi 9 septembre, Amélie Barbey, secrétaire de section du PCF local, et Jimmy Bessaih, conseiller municipal d’opposition et candidat NFP aux législatives de 2024, ont rendu public un communiqué appelant à « rassembler les forces de gauche pour rendre la ville à ses habitantes et ses habitants. »
À six mois du scrutin municipal de 2026, l’initiative tente de poser les bases d’une recomposition à gauche dans une commune marquée par une longue tradition communiste, mais dirigée depuis 2020 par la droite depuis l’élection de Hervé Granier, maire LR de Gardanne.
« Nul être humain, aussi bien informé et intelligent soit-il, ne peut prendre de décisions justes et pertinentes en s’isolant », écrivent les signataires. Le Collectif citoyen Gardanne Biver (CCGB), promet de « co-construire des projets avec les habitant·e·s » et de « mettre en place des conseils de quartier. » Les priorités affichées sont multiples : défense des services publics, soutien aux associations, éducation populaire, sport et culture comme leviers d’émancipation, et accessibilité universelle. La dimension sociale est fortement soulignée : « Face aux politiques libérales qui creusent les inégalités et sanctuarisent les injustices, les communes doivent être des remparts. »
Une division dévastatrice en 2020
Au registre économique, le texte défend les commerces de centre-ville, l’emploi industriel et les projets de transition écologique, notamment la décarbonation. Enfin, un volet métropolitain et national est affirmé : exiger de l’État qu’il assume ses responsabilités en matière de sécurité, ou encore peser sur la Métropole Aix-Marseille pour améliorer transports et gestion des déchets.
Pour saisir les enjeux, il faut revenir sur l’histoire récente de Gardanne. Jusqu’en 2020, la ville est restée un bastion communiste, confié pendant 43 ans à Roger Meï (PCF) — figure tutélaire de la commune, aujourd’hui décédé. Toutefois, en 2020, la ville bascule : Hervé Granier (LR) remporte l’élection municipale, profitant de la division de la gauche locale.
Plusieurs observateurs expliquent cette défaite par un retrait progressif du PCF et une incapacité de gauche à nouer une alliance unie et visible. Résultat : une triangulaire dévastatrice au second tour de 2020 : 2 042 voix pour Claude Jorda (PCF); 2 029 voix pour Jean-Marc La Piana (DVG)) propulsant Hervé Granier dans le fauteuil de maire (2 580 voix). Mais en mars dernier, les deux candidats ont appris de leurs erreurs et ont déjà effectué un premier appel à cette union des gauches. « On essaie de reconstruire quelque chose qui a été cassé en 2020 », avait confié Claude Jorda à nos confrères de La Provence.
Les réactions de Jean-Marc La Piana et Brigitte Apothéloz (Les écologistes)
Interrogé par Gomet’ sur cet appel à l’union de la gauche, Jean-Marc La Piana temporise renvoyant à une prochaine conférence de presse à la mi-octobre. Quant aux Écologistes (ex-EELV), ils ont acté l’Union des gauches depuis plusieurs mois et entretiennent des rencontres régulières « avec des membres d’associations et des personnes de la société civile engagés », confie Brigitte Apothéloz, représentante locale du parti. Pour le parti vert, il s’agit de « bâtir un projet qui fasse entrer Gardanne dans le XXIe siècle en matière de transition écologique, d’emploi et de bien vivre », explique l’ancienne conseillère municipale.















