Avec 11,28 millions de passagers accueillis en 2025, l’aéroport Marseille Provence a joliment confirmé, l’année dernière, sa place de deuxième aéroport régional français. Un nouveau record de fréquentation, après une année 2024 déjà au plus haut (11,17 millions de passagers) mais une progression modérée du trafic (+1 % en un an), que la direction revendique comme le résultat d’une stratégie assumée de « croissance raisonnée », résumée par une formule : « Grandir sans grossir ».
« Accueillir la demande croissante du trafic en continuant d’améliorer notre hospitalité, tout en assurant des retombées économiques positives au territoire et le minimum d’externalités négatives à nos voisins », tel est « l’engagement pour demain » de la plateforme, selon Julien Coffinier, le président du directoire d’Aéroport Marseille Provence.
« Des avions plus grands et mieux remplis »
Dans les faits, cette orientation se traduit par une baisse du nombre de mouvements aériens (-1,1 %, avec 87 213 décollages et atterrissages hors cargo), alors même que le nombre de passagers augmente. L’aéroport met en avant « des avions plus grands, et mieux remplis », avec une moyenne de 129 passagers par vol, contre 126 en 2024.
Un mouvement sur cinq est désormais assuré par un appareil de « dernière génération, plus silencieux et moins consommateur de carburant », signe, selon la direction, que « la stratégie de croissance raisonnée s’affirme ».
70 % des vols à l’international
La hausse du trafic est principalement portée par l’international, en progression de 3,9 %, et qui représente désormais 70 % de l’activité totale. Les liaisons avec l’Afrique du Nord continuent de jouer un rôle central (un quart du trafic international, avec une progression de +4,6 %), confirmant par ailleurs « l’importance de l’aéroport pour les déplacements de voyageurs qui retrouvent leurs proches », un segment qui représente « un voyageur sur trois ».
Et ce, alors que de nouvelles destinations sont venues compléter l’offre hivernale, parmi lesquelles Funchal, Médine, Le Caire, Dakhla ou Praia, tandis que les lignes vers le Cap-Vert, l’Égypte, le Sénégal ou l’Arabie saoudite poursuivent leur développement.
Record pour le fret
L’activité cargo illustre également « la vitalité économique du territoire ». En 2025, le fret aérien a atteint un record de 62 195 tonnes, en hausse de 4,4 %. Une performance notamment « portée par le succès de la ligne directe vers Shanghai », inaugurée en 2024 et désormais exploitée sur une base annuelle.
Sur le terrain de l’expérience passager, l’année a, elle, été marquée par la reconnaissance internationale du terminal 1, inauguré en 2024 et distingué par le Prix Versailles parmi les « plus beaux aéroports du monde en 2025 », avec une mention spéciale pour son intérieur.
Confort et nouveaux services
L’aéroport revendique une expérience « simple et sans chichi », enrichie par de nouveaux services. Parmi eux, « le premier service d’enregistrement et d’embarquement biométrique en Europe qui respecte les données personnelles », permettant aux voyageurs d’Air Corsica de voyager sans présenter leur pièce d’identité, avec « un gain de temps estimé à plusieurs dizaines de secondes par voyageur à l’embarquement ».
L’ouverture d’un food court proposant une restauration chaude en salle d’embarquement, la création d’un salon international de plus de 600 m², ou encore la mise en service d’un centre de contrôle opérationnel unique, fonctionnant 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, visent à « assurer la fluidité des parcours et le bon fonctionnement des infrastructures ».
Des retombées économiques conséquentes
Au-delà de son activité aérienne, l’aéroport insiste sur son poids économique régional. Selon une étude d’impact socio-économique réalisée en 2025, les 139 entreprises présentes sur la plateforme représentent 4 680 emplois directs. Chaque année, cet écosystème génère 440 millions d’euros d’activité économique directe, trois fois plus à l’échelle du territoire pour atteindre 1, 357 milliards d’euros de retombées économiques, soit « 0,7 % du PIB régional » et près de 14 800 emplois, souligne l’aéroport. La consommation touristique des passagers est, elle, évaluée à 867 millions d’euros par an.
Et la tendance ne devrait pas faiblir, avec un programme d’investissement de 400 millions d’euros sur la période 2026-2030, consacré à la modernisation, avec notamment le chantier de rénovation et modernisation du Terminal 2 low cost, mais aussi à la décarbonation et à la création de nouvelles activités économiques, dont un projet Aequatio d’« airport city » de 5,5 hectares. Grandir… en grossissant un peu, quand même.
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