La matinée Sudéole, du nom du regroupement de la filière de l’éolien offshore flottant en Méditerranée, porté par le Pôle Mer Méditerranée et la Région Sud a été l’occasion, mardi 25 novembre, de faire un utile et dense état des lieux du développement du secteur en Méditerranée. Réunis dans l’hémicycle de la Métropole Aix-Marseille Provence au Pharo, les professionnels ont été particulièrement attentifs lors de la présentation du projet Deos (Développement de l’éolien off shore), porté par le Grand port maritime de Marseille (GPMM) et… sa mise à jour.
Benoit Rieul, chef de projet Deos au GPMM, n’a pas caché les évolutions dans le dimensionnement du projet qui est largement révisé à la baisse sous la contrainte de l’incompatibilité de sa configuration initiale avec la base aérienne militaire d’Istres (voir notre précédent article).
Un « rebondissement » alimenté par le contexte international de réarmement
« Initialement, Deos consistait à accueillir l’intégralité des opérations notamment la construction des flotteurs, leur assemblage et le montage des éoliennes sur ces flotteurs. Mais il y a eu ces derniers temps un rebondissement », reconnaît-il.
« Il y a la base aérienne militaire d’Istres, à quelques kilomètres à l’arrière du port de Fos, qui dans le contexte actuel (tensions internationales, réarmement de la France, ndlr) prend toute son importance, d’autant que c’est la base la plus importante du pays. Nous sommes donc obligés de conjuguer les enjeux et contraintes qu’elle amène. Il faut savoir que sur l’ensemble des bassins ouest, du fait de cette base, nous avons un plafond de 190 mètres que l’on ne peut pas dépasser. Il avait été relevé à l’occasion des opérations de Provence Grand Large (la ferme pilote de trois éoliennes mis en en service en juin dernier, ndlr). » Mais désormais cette exception à la règle n’est plus possible.
Un scénario de repli et de spécialisation avec Port-la-Nouvelle à l’étude
Dans le cadre de l’appel à projet de l’Etat, porté par l’Ademe, auquel le GPMM avait candidaté pour obtenir un financement (budget total de 550 millions d’euros en 2024), il a été demandé à Marseille-Fos « de revoir sa copie et d’étudier un scénario de repli et de spécialisation qui consiste à intégrer cette contrainte de plafond aérien. Ce scénario consisterait à spécialiser le port dans la construction de flotteurs et à déporter l’intégration sur un autre port de Méditerranée qui est Port-la-Nouvelle (Occitanie) », explique Benoit Rieul.
Les conséquences en terme de budget global de l’opération sont conséquentes avec un montant du projet divisé par deux et qui passerait à 330 millions à la date de livraison contre 660 initialement (euros actualisés). L’impact en terme d’emploi serait plus faible car les opérations d’assemblage sont très mécanisées, confie à Gomet’ Benoit Rieul. Quant au calendrier, il pourrait connaître un décalage de quelques mois avec une mise en service décalée à début 2029 au lieu de fin 2028.
Le modèle économique du projet pourrait être aussi moins attractif pour le port qui verrait le trafic lié à l’assemblage partir ailleurs. Autre sujet : les surcoûts pour les développeurs de projets de fermes qui vont devoir utiliser deux plateformes. L’avantage concurrentiel de Deos pourrait être ainsi réévaluer par les opérateurs. Lesquels pourraient être tentés de regarder ailleurs, sur d’autres chantiers en Méditerranée, les offres concurrentielles afin de tenir l’équilibre financier de leurs projets.
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