La Chambre des notaires des Bouches-du-Rhône a présenté à la mi-septembre les chiffres des transactions immobilières enregistrées dans le département au 30 juin 2025. Tour d’horizon par bassin de vie. Après Aubagne et La Ciotat, puis Cassis et Aix-en-Provence, place aujourd’hui au quatrième volet de notre série : Marseille.
Si la Corniche brille avec ses palmiers et son horizon tout bleu, les quartiers du centre-ville et nord souffrent. Les derniers chiffres fournis par la Chambre des notaires des Bouches-du-Rhône, en date du 30 juin 2025, livrent le portrait d’une Marseille très inégalitaire en matière d’immobilier.
La valorisation moyenne des biens oscille du simple au triple selon les arrondissements. Les différences peuvent être accentuées et exponentielles selon le détail de situation et la qualité des maisons ou appartements vendus, comme le souligne Jean-Michel Moulin, le président de la Chambre des notaires des Bouches-du-Rhône. « Les écarts sont très importants entre les arrondissements de tête et ceux de queue de peloton, déclare-t-il. Le rapport peut aller selon les produits de 1 à 10. Ce sont les caractéristiques d’une ville très hétéroclite. »

Si les prix se maintiennent globalement, les disparités entre arrondissements et quartiers atteignent un niveau inédit, traduisant une ville à deux vitesses.
Appartements anciens : stabilité globale, fractures locales
Le prix médian pour les appartements anciens s’établit à 3 330 €/m², avec une légère baisse dans plusieurs arrondissements. Le 7e demeure le plus cher (4 650 €/m², +1,8%), devant le 8e (4 140 €/m², -0,5%) et le 6e (3 650 €/m², -2,1%). À l’opposé, les arrondissements du nord restent très en retrait : 1 470 €/m² dans le 14e et 1 430 €/m² dans le 15e.

Centre-ville : repli marqué
Les secteurs historiques subissent un fort recul : Opéra (-9,8%, 3 840 €/m²), Hôtel de Ville (-8%, 3 870 €/m²) et Saint-Lazare (-9%, 1 850 €/m²). Seul Noailles tire son épingle du jeu (+9% à 2 980 €/m²), porté par la rénovation urbaine.

Marché du neuf : hausse des prix, volumes en chute libre
Dans le neuf, la crise de l’offre est toujours marquée : recul de 44% en 2024 et encore de 15% en 2025. Les prix progressent de 6,4% sur un an, atteignant 5 500 €/m². La rareté des programmes entretient cette tension haussière.

Profil des acheteurs : un marché toujours local
Les moins de 30 ans représentent 18,1% des acquéreurs, contre 13,1% de plus de 60 ans. Les Franciliens comptent pour 7,8% et contribuent à la gentrification des quartiers les plus cotés, et les étrangers seulement 1,9%. Mais Marseille reste essentiellement un marché endogène, dominé par une clientèle locale, où la géographie sociale continue de modeler les prix.

Demain, notre série sur les prix de l’immobilier dans les Bouches-du-Rhône
se poursuit avec un focus sur la Côte Bleue
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